Vendredi 19 décembre 2025, dans le grondement feutré d’une marche encadrée, l’Union sacrée pour la nation (USN) a investi ce vendredi 19 décembre les artères de Kinshasa. Objectif affiché : exiger l’application stricte de la résolution 2773 du Conseil de sécurité de l’ONU, qui intime au Rwanda de se retirer du territoire congolais et de cesser tout appui à l’AFC/M23. Derrière la mobilisation, un message politique calibré, une adresse diplomatique assumée et une symbolique soigneusement orchestrée.
Une marche, un message, un itinéraire chargé de sens
De la station-service Cohydro, à la 1ère rue Limete, jusqu’au Palais du Peuple, la procession a relié le quotidien urbain au cœur institutionnel de la République. Une géographie politique assumée. La rue, transformée en tribune, a porté une parole qui se veut nationale, voire internationale. Présentée comme pacifique, la marche s’est déroulée sans heurts, sous l’œil attentif des forces de l’ordre.
La résolution 2773 comme boussole politique
Au centre des slogans et des discours, un texte : la résolution 2773. Adoptée par le Conseil de sécurité, elle est devenue le pivot du narratif de l’USN. Plus qu’un document juridique, elle est brandie comme un acte d’accusation et un levier diplomatique. En l’invoquant, la plateforme présidentielle inscrit la crise de l’Est dans le registre du droit international, loin du simple conflit interne.
Une majorité en ordre de bataille
Autour du secrétaire permanent de l’USN, André Mbata, plusieurs figures politiques étaient visibles, de Sylvain Mutombo à Déo Bizibu. Les drapeaux des partis membres UDPS, AGPC, progressistes, APOCEM, PNRD, UDDC, CONADEC ont dessiné une mosaïque partisane cherchant à projeter l’image d’une majorité soudée face à l’adversité.
Washington en filigrane
La présence remarquée de drapeaux américains n’est pas passée inaperçue. Elle renvoie à la médiation des États-Unis dans l’accord signé le 4 décembre entre la RDC et le Rwanda. Geste de reconnaissance, mais aussi rappel implicite : la paix ne se proclame pas, elle s’impose par des actes.
Entre démonstration symbolique et attente concrète
Cette marche, à la fois soutien au président Félix Tshisekedi et interpellation de la communauté internationale, pose une question centrale : celle de l’efficacité. Sans effets tangibles sur le terrain de l’Est congolais, la symbolique risque de s’user. Pour l’USN, l’enjeu dépasse désormais la rue : il se joue dans la capacité à transformer la pression politique en résultats mesurables.
Rédigé par Didier BOFATSHI
Source : voltefaceinfois7.com