À Kinshasa, la parole a claqué comme un étendard. L’autorité morale de l’Alliance des Forces Démocratiques du Congo et Alliés (AFDC-A), Modeste Bahati Lukwebo, a appelé à un soutien « sans appel » à l’accord de Washington et aux initiatives de paix en faveur de la République Démocratique du Congo. Depuis la tribune, le deuxième vice-président du Sénat a salué la « diplomatie agissante » du président Félix Tshisekedi, exhortant la nation à accompagner l’effort pour le retour de la stabilité.
Washington, boussole de la paix
Pour Bahati, l’accord n’est pas une option, mais une ligne de conduite. Il plaide pour l’application prioritaire de la Résolution 2773 du Conseil de sécurité de l’ONU, exigeant notamment le retrait des troupes rwandaises du territoire congolais. « La paix ne se décrète pas, elle se sécurise », a-t-il martelé.
Cessez-le-feu ou partition ?
Prudent face au cessez-le-feu dans l’Est, il redoute qu’un statu quo militaire n’enterre l’unité nationale. « Lorsqu’on observe un cessez-le-feu, chaque camp conserve ses positions… Ceux qui soutiennent le statu quo appuient la partition de notre pays », a-t-il averti, évoquant les zones du Nord-Kivu et du Sud-Kivu sous contrôle de l’AFC/M23.
La Constitution, rempart et miroir
Opposé à toute révision constitutionnelle, il estime que le pays souffre moins d’un déficit de textes que d’un déficit d’application. « Si ceux qui ont 50 ou 60 ans ne sont pas matures, comment voulez-vous qu’une Constitution de 20 ans soit vieille ? », a-t-il lancé, dénonçant les volte-faces politiques.
Cabale et honneur
Se disant victime d’un « complot » lié à l’acquisition d’une succursale brassicole à Bukavu, il réfute toute implication et annonce une plainte pour défendre son honneur. « Je suis la première victime de la guerre injuste imposée à la RDC », a-t-il soutenu. Au cœur des tensions régionales et des joutes politiques, Bahati trace une ligne : paix, souveraineté, légalité. Une équation exigeante pour un pays en quête d’équilibre.
Didier BOFATSHI / VF7, via voltefaceinfos7com