
Le Venezuela n’est pas un simple État de la drogue. Selon Roberto Saviano, écrivain et auteur de Gomorra, le narcotrafic est devenu un instrument de survie du pouvoir. Là où la politique échoue à produire de la légitimité, la drogue crée de la liquidité, et cette liquidité façonne le pouvoir et soutient l’État.
Narcotrafic : l’infrastructure invisible du pouvoir
Dans ce pays, la drogue ne se limite pas à un commerce clandestin. Elle irrigue les appareils sécuritaires, achète des fidélités et supplée à l’effondrement économique. Saviano observe : « Lorsque la politique cesse de produire de la légitimité, la drogue produit de la liquidité. Et la liquidité produit du pouvoir. » Le régime vénézuélien, laissé survivre par les démocraties occidentales, s’est ainsi renforcé en se criminalisant, transformant la criminalité en colonne vertébrale de l’État.
Une narco-étatisation avancée
Le Venezuela devient un hub où la criminalisation stratégique soutient la gouvernance. La drogue ne finance plus seulement la criminalité : elle devient un outil de contrôle, un instrument politique qui garantit la survie d’un État fragile et redessine ses structures institutionnelles.
Pouvoir et légitimité : le miroir inversé
Dans ce système, la souveraineté ne repose plus sur la loi, mais sur la maîtrise des flux et des dépendances. Chaque transaction, chaque circuit de liquidité, devient un fil qui soutient l’édifice du pouvoir, révélant une forme de gouvernance où l’État et le narcotrafic s’entrelacent jusqu’à devenir indissociables.
Le Monde/VF7, via voltefaceinfos7.com