Venezuela : Le peuple sous embargo, la rue en colère

À Caracas, la rue gronde contre une invisible étreinte. Des manifestants, mobilisés par le pouvoir, exigent la levée totale des sanctions américaines qui étranglent encore Venezuela. Héritage d’une pression initiée en 2019, ces mesures ont profondément altéré l’économie, limitant l’accès aux marchés et aux ressources vitales.

L’embargo comme étau invisible

Les sanctions, partiellement assouplies après la capture de Nicolás Maduro en janvier 2026, continuent pourtant de peser lourdement sur le quotidien. Elles contrôlent les flux, filtrent les échanges, redessinent les équilibres économiques. Comme le notait Joseph Stiglitz, « les sanctions économiques frappent souvent davantage les populations que les dirigeants ».

La rue comme caisse de résonance du pouvoir

Derrière les slogans, une orchestration politique. Le ministre Diosdado Cabello promet un retour à l’ère de Hugo Chávez : prospérité, salaires élevés, État providence. Mais cette parole, amplifiée par la rue, interroge : mobilisation spontanée ou démonstration encadrée ?

Le pétrole, nerf silencieux de la guerre

Au cœur de l’équation, l’or noir. Washington a déjà assoupli certaines restrictions pour permettre à ses entreprises d’accéder au pétrole vénézuélien. Les sanctions ne disparaissent pas : elles se transforment. Elles deviennent levier, outil de négociation, instrument géopolitique. Comme l’écrivait Daniel Yergin, « le pétrole est pouvoir ».

Une souveraineté sous condition

Caracas réclame la levée totale. Washington ajuste sans céder. Entre les deux, une souveraineté suspendue, conditionnée, négociée. L’économie devient champ de bataille, et la population, ligne de front silencieuse.

Au-delà des discours, une réalité persiste : les sanctions ne sont jamais neutres. Elles redessinent les vies, déplacent les espoirs, réécrivent les rapports de force.

« Là où finit le commerce commence souvent le conflit », écrivait Montesquieu. Et dans les rues de Caracas, c’est peut-être moins la fin des sanctions que l’exigence d’une dignité retrouvée qui se crie une dignité que ni les embargos ni les puissances ne devraient confisquer.

RFI / VF7, voltefaceinfos7.com

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