Dans l’arène politique vénézuélienne bouleversée par le renversement de Nicolás Maduro, la présidente par intérim Delcy Rodríguez pousse Alex Saab longtemps décrit comme l’homme de l’ombre et allié clé de l’ancien président hors de la scène ministérielle. Le mouvement s’inscrit dans une recomposition du pouvoir, oscillant entre purge symbolique et recalibrage stratégique.
L’effacement d’un stratège controversé
Vendredi, Delcy Rodríguez a annoncé via Telegram le limogeage d’Alex Saab de son poste de ministre des Industries et de la Production nationale, dans le cadre d’une restructuration du gouvernement interimaire. Saab, un homme d’affaires colombien naturalisé vénézuélien réputé proche de Nicolás Maduro, avait été nommé à ce portefeuille en octobre 2024 après sa libération d’une prison américaine dans le cadre d’un accord de prisonniers.
Dans un message laconique, Rodríguez a remercié Saab pour ses services à la « patrie » et indiqué qu’il assumera « de nouvelles responsabilités », une tournure qui laisse planer le mystère sur sa trajectoire future.
Politique et symbolisme : une transition sous tension
Ce départ survient dans un contexte de profonde transformation politique : depuis la capture de Maduro par des forces étrangères en début de mois, le paysage du pouvoir chaviste se réinvente sous l’égide de l’autorité intérimaire. La fusion des ministères de l’Industrie et du Commerce confie désormais cet ensemble à Luis Antonio Villegas, marquant une rupture nette avec l’équipe antérieure.
Saab, au cœur des réseaux économiques et diplomatiques de l’ancien régime, incarnait à la fois une figure d’influence et de controverse objet de poursuites judiciaires aux ÉtatsUnis pour des allégations de corruption et de blanchiment avant son extradition.
Entre purge et repositionnement stratégique
La décision de Rodríguez peut se lire comme un repositionnement politique et symbolique : éliminer une figure trop étroitement associée au précédent pouvoir, tout en tentant de rassurer les partenaires internationaux et segments internes qui jugent nécessaire une refonte du leadership. Elle intervient aussi dans un Venezuela confronté à des défis économiques et diplomatiques majeurs, notamment sur la gestion des revenus pétroliers et la normalisation des relations internationales, notamment avec les ÉtatsUnis.
L’éviction d’Alex Saab marque un moment de basculement dans le récit politique vénézuélien, où symboles et stratégies se heurtent à la réalité d’un pays en recomposition. « Là où les ombres du passé se dissipent, la lumière du