À Uvira, la ville ne respire plus. Entre annonces et contre-annonces, la poussière des conflits obscurcit le ciel. Tandis que l’AFC/M23 promet un retrait, le Burundi dénonce une illusion destinée à tromper le regard du monde, et le vent des Grands Lacs emporte avec lui les inquiétudes sur la stabilité régionale.
Échos burundais : un retrait fantôme
Édouard Bizimana, ministre burundais des Affaires étrangères, brise le silence avec force sur X (ex-Twitter) : « C’est encore un pur mensonge destiné à induire en erreur l’opinion internationale ». Selon lui, les forces rwandaises et l’AFC/M23 n’ont pas quitté Uvira. Derrière les mots, dit-il, Kigali chercherait simplement à relâcher la pression internationale, comme une brise feinte qui cherche à calmer une mer agitée (source : Jeune Afrique, 16 décembre 2025).
Conditions du M23 : des ponts fragiles
Le M23, dans son communiqué, peint le retrait comme une « mesure de confiance » pour soutenir le processus de paix de Doha, obéissant à la médiation américaine.Mais sous ce voile de gestes amicaux se cachent des conditions strictes : démilitarisation de la ville, protection des civils et des infrastructures et déploiement d’une force neutre pour surveiller le cessez-le-feu. Le mouvement met en garde : toute tentative des FARDC, des groupes Wazalendo ou de leurs alliés pour reprendre les territoires pourrait briser ce fragile équilibre, comme un souffle trop violent qui emporterait un pont de corde.
Pression internationale : le souffle des puissances
Washington, telle une tempête diplomatique, a mis Kigali sous observation :
Christopher Landau, vice-secrétaire d’État américain, qualifie l’offensive de « grave erreur »
Marco Rubio, secrétaire d’État, évoque une « violation claire » des accords de Washington signés début décembre
Les nuages s’amoncellent sur la région, où chaque geste est scruté et chaque promesse mise à l’épreuve.
Avertissement burundais : la flamme de la défense
Bien avant le retrait annoncé, le Burundi accusait le Rwanda de bombarder son territoire. L’ambassadeur burundais auprès de l’ONU, Zéphyrin Maniratanga, raconte les frappes sur la commune de Tshibitoke le 4 décembre, blessant une femme et un enfant. Le Burundi prévient : sa retenue a des limites. Comme une braise sous cendres, le pays se réserve le droit de recourir à la légitime défense conformément à l’article 51 de la Charte des Nations unies.
Uvira : un miroir de tensions et d’espoirs
La ville d’Uvira, conquise par l’AFC/M23 et soutenue selon Kinshasa et plusieurs partenaires internationaux par le Rwanda, devient le symbole d’une région en proie aux vents du conflit. Quelques jours seulement après les accords de Washington, la tempête n’est pas éteinte.Entre mensonges et vérités, ponts fragiles et menaces sourdes, Uvira reste le miroir où se reflètent les fragilités et les espoirs de la paix dans les Grands Lacs.
Source : Jeune Afrique, 16 décembre 2025
Par voltrfaceinfos7.com