Un éclair dans la patience : Rabat ouvre la porte des quarts au Maroc

À Rabat, la nuit est tombée sur un Maroc méthodique et souverain. Longtemps retenu par le verrou tanzanien, le jeu des Lions de l’Atlas a fini par trouver sa fêlure, comme l’eau patiente qui polit la roche. Une victoire courte (1-0), mais lourde de sens, qui propulse le Maroc en quarts de finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025 et confirme son statut de prétendant sérieux.
Un siège silencieux, une domination sans fracas
Le stade Prince Moulay Abdellah a été le théâtre d’un match à sens unique dans sa géographie. Le ballon, confisqué par le Maroc, a circulé comme une boussole obstinée, toujours orientée vers le camp tanzanien. Pressing haut, maîtrise technique, tempo contrôlé : les Lions de l’Atlas ont installé un siège méthodique. Mais face à eux, un bloc tanzanien compact, discipliné, recroquevillé dans l’axe, a longtemps éteint les velléités marocaines. Domination nette, efficacité absente : la première période s’est achevée sur un nul vierge, stérile mais trompeur.
Brahim Díaz, l’étincelle dans la pierre
Au retour des vestiaires, le Maroc a resserré l’étau. Plus de verticalité, plus d’intentions entre les lignes. Et à la 64ᵉ minute, la lumière : Achraf Hakimi, métonymie du couloir droit, dépose une passe ciselée. Brahim Díaz, calme comme un funambule, tranche le silence d’un geste précis. Un but, un instant, une bascule. Quatrième réalisation en quatre matches pour le maître à jouer marocain, désormais boussole offensive et visage assumé de cette sélection.
Maîtrise finale et horizon dégagé
Dos au mur, la Tanzanie a tenté de rompre le sort en lançant ses dernières forces, dont l’expérimenté Ali Samatta. En vain. La défense marocaine, sereine et lucide, a fermé les issues, géré le temps, étouffé l’espoir. Sans éclat tapageur mais avec une maturité certaine, le Maroc valide son billet pour les quarts de finale, où l’attend le vainqueur du duel Cameroun–Afrique du Sud. À Rabat, le Maroc n’a pas tonné. Il a attendu. Puis frappé juste.
Didier BOFATSHI

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