Tshopo, 28 décembre 2025 – Dans l’hémicycle où les mots pèsent plus que l’or, la justice a tendu la main, mais la pierre de l’immunité parlementaire a retenu son geste. Les députés provinciaux ont, à l’unisson d’une seule voix, rejeté la requête du Procureur général visant à poursuivre le président de l’Assemblée provinciale, Mateus Kanga Londimo.
Le dossier portait sur un trésor de 200 000 dollars, destiné à panser les blessures laissées par les activités illicites de l’Ouganda en RDC. Ces fonds, fruits du Fonds de réparation des victimes (FRIVAO), auraient, selon le réquisitoire, été détournés de leur destinée. La loi, tel un filet invisible, prévoit que les têtes élues ne puissent être saisies par la justice sans le consentement de leurs pairs.
Le Procureur général, gardien du temple judiciaire, avait demandé à lever ce rideau d’immunité, afin que l’enquête puisse courir son cours. Mais la plénière, théâtre de la souveraineté provinciale, a préféré maintenir le voile intact. Par ce geste unanime, les députés ont affirmé que le président demeure intouchable, pour l’instant, sous la protection sacrée de l’Assemblée.
Ce refus soulève le voile sur la tension entre droit et politique, entre la rigueur des textes et la danse des alliances. Si la justice cherche la transparence, la politique, elle, conserve ses chemins ombragés, où les protections légales deviennent des remparts face aux vents de l’accusation.
La décision relance le débat sur la responsabilité des dirigeants et sur la fragile frontière entre la légalité et l’immunité, questionnant la force des institutions quand la parole de la loi se heurte à la pierre de l’Assemblée. Dans ce labyrinthe où chaque article du code devient métaphore, la vérité, comme une rivière souterraine, attend son heure pour surgir.
Pour l’instant, Mateus Kanga Londimo reste à la tête de l’Assemblée, porteur d’un sceptre que la loi ne peut encore toucher, symbole d’un équilibre suspendu entre la justice et le pouvoir.
Didier BOFATSHI