Tshisekedi honoré, la RDC met l’égalité des genres au cœur de sa gouvernance

À Kinshasa, lors de la deuxième édition de la Journée nationale de la masculinité positive, le Président de la République démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a reçu le trophée de la masculinité positive, remis symboliquement par la Première ministre Judith Suminwa. Une distinction qui consacre un positionnement politique assumé en faveur de l’égalité des genres et de la transformation des normes sociales.

Selon le communiqué de la cellule de communication de la Primature, cette reconnaissance s’inscrit dans un engagement plus large du chef de l’État, déjà désigné « Champion de la masculinité positive » par l’Union africaine et associé au mouvement HeForShe d’ONU Femmes. L’objectif affiché est clair : renforcer la lutte contre les violences faites aux femmes et promouvoir leur participation dans les institutions publiques.

Rupture des normes

Derrière la cérémonie, se dessine un changement de paradigme : celui d’une masculinité repensée comme responsabilité sociale plutôt que comme domination. La ministre du Genre, famille et enfant, Micheline Ombae, a résumé cette dynamique en affirmant que « la masculinité positive est une renaissance », appelant à une redéfinition du rôle des hommes dans la construction sociale.

Cette lecture rejoint la pensée de Judith Butler, pour qui les identités de genre sont des constructions sociales susceptibles d’être transformées par les pratiques et les institutions.

Gouverner par le symbole

Au-delà de la symbolique, cette reconnaissance s’inscrit dans une stratégie politique plus large. La présence de 18 femmes au sein du gouvernement, soit environ 32 %, est présentée comme un indicateur de transformation progressive de la gouvernance nationale.

Dans cette perspective, le geste politique devient langage. Comme le soulignait Pierre Bourdieu, le pouvoir agit aussi par la production de symboles qui structurent les représentations collectives.

L’égalité comme projet collectif

L’événement met également en lumière une logique de mobilisation sociale autour de l’égalité des genres. La remise de distinctions à des femmes micro-entrepreneures illustre une volonté de relier discours institutionnel et impact concret.

Amartya Sen rappelait que le développement doit être compris comme « expansion des libertés réelles », une approche qui donne à ces initiatives une portée structurelle au-delà de la cérémonie.

Une responsabilité historique

Cette reconnaissance place le leadership politique face à une exigence : transformer les engagements symboliques en pratiques durables. Comme le formulait Hannah Arendt, le pouvoir ne se mesure pas seulement à ce qu’il proclame, mais à ce qu’il rend possible dans l’espace public.

En érigeant la masculinité positive en axe de gouvernance, la RDC inscrit l’égalité des genres dans un registre à la fois politique et culturel. Comme le résume Kofi Annan : « L’égalité des femmes est une condition préalable au progrès de toute société. »
Entre symbole et action, le défi désormais est clair : faire de cette reconnaissance non un trophée, mais une transformation durable des rapports sociaux.

Didier BOFATSHI / VF7, voltefaceinfos7.com

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