La tension monte dans la province du Sud-Ubangi, où le climat politique connaît une rupture ouverte entre le gouverneur Michée Mobonga Lobo et les cadres locaux de l’Union sacrée de la nation. Ces derniers ont officiellement retiré leur confiance au chef de l’exécutif provincial, dans un contexte déjà marqué par des accusations graves et une suspension administrative.
Les responsables politiques membres de cette plateforme dénoncent une série de dysfonctionnements institutionnels, évoquant notamment une rupture de collaboration avec les instances locales et des tensions persistantes avec l’Assemblée provinciale. Ils estiment que « la gouvernance provinciale ne peut prospérer dans un climat de confrontation permanente », soulignant la nécessité d’un retour à la cohésion institutionnelle.
À ces griefs s’ajoutent des accusations de gestion opaque et de refus de se soumettre aux mécanismes de contrôle budgétaire. Certains cadres parlent d’une situation où « la transparence et la redevabilité doivent rester les piliers de toute gestion publique », insistant sur l’importance des normes de bonne gouvernance.
Les critiques portent également sur des attitudes jugées incompatibles avec les responsabilités de gouverneur, notamment des propos perçus comme discriminatoires envers la population locale. Pour les signataires du mémo, « l’autorité publique ne se mesure pas à la confrontation, mais à la capacité de rassembler et de servir l’intérêt général ».
Dans leur démarche, les cadres de l’Union sacrée appellent à une intervention judiciaire et invitent le Procureur général près la Cour de cassation à engager des poursuites, en lien avec la mise en accusation déjà prononcée par l’Assemblée provinciale. Cette position s’inscrit dans le cadre du respect de l’État de droit, que plusieurs acteurs politiques résument par l’idée selon laquelle « nul n’est au-dessus de la loi ».
Cette crise intervient alors que le gouverneur a été suspendu par le Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, dans le prolongement des procédures engagées par l’Assemblée provinciale. Le Président de la République, Félix Tshisekedi, est également appelé à intervenir, les cadres de l’Union sacrée lui demandant de tirer les conséquences politiques et administratives de la situation, au nom du bon fonctionnement des institutions.
Au-delà du cas individuel, cette affaire met en lumière les enjeux de gouvernance provinciale en République démocratique du Congo, où l’équilibre entre institutions, la transparence dans la gestion publique et la stabilité politique demeurent des défis majeurs.
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