À l’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo, le député Serge Konde a déposé une proposition de loi pour réformer en profondeur le secteur sportif et garantir la rémunération des joueurs. Objectif : corriger les angles morts de la loi n° 11/023 du 24 décembre 2011, restée largement inappliquée.
L’initiative veut transformer les résolutions des états généraux de Mbuela Lodge en norme contraignante, et sortir le sport congolais d’une zone grise où championnats suspendus et salaires impayés fragilisent l’écosystème.
La loi oubliée
« Une loi n’a de force que par son exécution », rappelait Montesquieu. Votée en 2011, la réforme initiale n’a pas produit ses effets. Le texte proposé vise à combler les lacunes structurelles : gouvernance, professionnalisation, contrôle financier.
Salaire, dignité, performance
Au cœur de la réforme : la garantie de la rémunération des athlètes. Sans sécurité contractuelle, pas de performance durable. « Le travail mérite salaire », écrivait Jean-Jacques Rousseau. Konde veut inscrire ce principe dans un cadre opposable, afin d’éviter que les joueurs ne soient les variables d’ajustement des crises institutionnelles.
De Mbuela à l’hémicycle
Les états généraux organisés sous l’impulsion du président Félix Tshisekedi avaient mobilisé experts et fédérations. L’enjeu, désormais, est de traduire ces recommandations en architecture légale cohérente. « Gouverner, c’est prévoir », disait Émile de Girardin. La réforme entend anticiper les dérives et structurer durablement les compétitions.
Guérir le système
Championnats à l’arrêt, conflits fédéraux, précarité des athlètes : le diagnostic est sévère. La proposition de loi se veut thérapie institutionnelle. Elle ambitionne de redonner au sport congolais une politique claire, stable et crédible.
Réformer le sport, c’est protéger ceux qui le font vivre. C’est aussi restaurer la confiance dans les règles du jeu. « La justice élève une nation », affirmait Martin Luther King Jr.. Si le Parlement transforme l’essai en mars, le sport congolais pourrait enfin passer du terrain des promesses à celui des droits garantis et faire du talent une richesse sécurisée, non une passion précaire.
Actu30 /VF7, via voltefaceinfos7.com