La nouvelle stratégie de sécurité nationale américaine, rendue publique vendredi, acte le désengagement des États-Unis et la « mort cérébrale » de l’Otan. L’Europe est désormais confrontée à un dilemme : croire à sa propre souveraineté ou se préparer à agir seule (Pierre Lellouche, Le Figaro, 11 décembre 2025)
Découplage : vieille peur, nouvelle réalité
Pendant huit décennies, le mot « découplage » a hanté les dirigeants européens. Le divorce stratégique entre Amérique et Europe n’est pas une idée nouvelle, mais le contexte change : Trump et ses successeurs réduisent l’engagement américain. Les alliances historiques vacillent. Les menaces ne sont plus seulement russes, elles sont aussi structurelles, dans la désunion de l’Otan et la dépendance européenne à un protecteur absent.
Histoire et mémoire : l’Otan sous le regard de Lord Ismay
« L’Otan sert à conserver les États-Unis dedans, les Soviétiques dehors et les Allemands sous contrôle » : la formule de 1952 résonne encore. Hier, l’URSS tentait de neutraliser l’Allemagne ; aujourd’hui, c’est la Russie qui cherche à tester la cohésion européenne, pendant que l’Amérique envisage son retrait, laissant l’Europe exposée et fragile.
Illusion ou nécessité : préparer le plan B
Lellouche met en garde contre l’illusion de la souveraineté européenne. L’Europe ne peut plus se contenter de se reposer sur Washington. Développer défense commune, diplomatie proactive et capacités stratégiques devient impératif. Le risque : si le continent tarde à agir, les divisions internes et les pressions extérieures transformeront l’autonomie rêvée en mirage politique.
Source : Pierre Lellouche, « Russie, Trump… Ne tombons pas dans l’illusion de la souveraineté européenne », tribune publiée par Le Figaro, 11 décembre 2025.