Sous la nef du souvenir, Tshisekedi wa Mulumba parle encore

Une messe d’action de grâce a été célébrée pour marquer le 9ᵉ anniversaire de la disparition d’Étienne Tshisekedi wa Mulumba, figure tutélaire de l’opposition congolaise, surnommé le « Sphinx de Limete ». Dans le recueillement et la solennité, fidèles, proches et anonymes se sont rassemblés pour honorer une mémoire devenue boussole morale de la vie politique nationale. Au-delà du rite, l’hommage a pris la forme d’un temps de transmission.

Une prière pour un combat

Dans l’homélie, l’accent a été mis sur la constance d’un homme qui, sa vie durant, a opposé la parole au silence imposé, la loi à l’arbitraire. Étienne Tshisekedi, a rappelé le célébrant, n’a jamais cessé de croire à la force du droit, même quand le droit semblait vaincu. La messe s’est voulue action de grâce pour un héritage fait de résistance pacifique et d’espérance têtue.

Le Sphinx, figure debout

Surnommé le Sphinx pour son endurance et sa part de mystère, Tshisekedi wa Mulumba demeure une métonymie de l’opposition historique. Son nom convoque une époque de luttes, de prisons, d’exils, mais aussi de fidélité à une idée simple : le Congo mérite l’État de droit. Neuf ans après, sa silhouette continue de hanter les consciences.

Mémoire vivante, présent exigeant

Dans l’assemblée, le souvenir n’était pas figé. Il interpellait. Car commémorer, ici, signifie mesurer la distance entre l’idéal et le réel. Prier, c’est aussi demander la force de poursuivre. La messe s’est achevée, mais la question demeure. Comme aimait à le répéter Étienne Tshisekedi wa Mulumba : « Le combat continue ». Neuf ans après, le Sphinx ne répond plus. Mais son silence oblige.

Didier BOFATSHI

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *