Quatre jours après la tragédie, le campus de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar reste un théâtre de fracas silencieux. Le corps d’Abdoulaye Ba, déchiqueté par des traumatismes multiples, devient le symbole d’une jeunesse étouffée et d’institutions muettes. Entre blessures visibles et vérités cachées, ce drame interroge la confiance, la justice et la parole volée aux vivants.
Cœur déchiré sous le béton
Le corps d’Abdoulaye Ba raconte une violence muette : hémothorax, hémorragie cérébrale, rate fracturée, rein meurtri. Chaque lésion devient métaphore d’un campus où la jeunesse vacille sous le poids des forces de l’ordre. Hannah Arendt écrivait : « La vérité est ce qui résiste à l’opinion ». Ici, la vérité résiste aux regards, prisonnière d’un silence institutionnel.
Le Pouvoir qui étreint la parole
La fuite du rapport d’autopsie éclaire la fragilité du lien entre savoir et pouvoir. Michel Foucault l’avait dit : « Le fait de savoir quelque chose, c’est exercer un pouvoir sur ce qui peut être dit ». Dans ce fracas, l’information devient arme et prison, et l’État, gardien d’une vérité fragmentée.
L’éclat des corps et des institutions
Les blessures du jeune étudiant résonnent comme une fracture sociale : métaphore de la confiance brisée, symbole d’une justice perçue mais jamais touchée. John Rawls rappelait : « Une société juste est celle dans laquelle les institutions sont perçues comme équitables par tous ». Ici, la justice reste un spectre.
La parole volée aux vivants
Ne pas transmettre le rapport à la famille, c’est voler la reconnaissance et la dignité d’Abdoulaye Ba. Édouard Glissant insistait : « Il n’y a pas de justice sans reconnaissance de l’autre dans sa dignité et son humanité ». La parole du jeune homme résonne comme un cri que la communauté entière est invitée à entendre.
Entre larmes et vérité
Au cœur de cette tragédie, le corps mutilé d’Abdoulaye Ba devient le miroir d’une société en suspens, fragile et silencieuse. La vérité, parfois, se mesure en éclats et en murmures. Comme le disait Albert Camus : « La vraie générosité envers l’avenir consiste à tout donner au présent ». Que cette vérité enfin offerte aux vivants éclaire l’avenir, et que le sang versé ne soit pas vain.
RFI / VF7, via voltefaceinfos7.com