La RDC a grondé. Les pavés ont brûlé sous les pas des martyrs de la démocratie, et le 16 février s’est gravé dans la chair du pays. Des vies offertes, des cris portés par le vent, pour que le peuple, enfin, dicte son destin. Grâce à son courage, il a barré la route au dauphin de Joseph Kabila, usant du vote sanction pour refuser la continuité d’une dynastie au pouvoir. Et surtout, il a ouvert la voie à une passation civilisée entre président sortant et président entrant. Ignorer cette évolution, c’est cracher sur la mémoire des martyrs que l’on prétend commémorer chaque 16 février.
Marche des titans
Le Comité Laïc de Coordination a transformé les citoyens en géants. Chaque pas sur les pavés était un poème de rébellion. Maurice Duverger l’écrivait : « La démocratie n’est pas une chose donnée une fois pour toutes ; c’est une création constante de la volonté des citoyens. » Ici, elle s’est créée dans le tumulte et le courage, entre barricades et cris.
Volcan des mandats refusés
Le peuple a dit non, et ce non a grondé comme un volcan. John Stuart Mill pressentait : « Une démocratie véritable ne peut survivre que si la volonté du peuple n’est pas manipulée, mais exprimée clairement et librement. » Refuser le troisième mandat de Kabila fut un acte de refus clair, un vote sanction qui a brisé les illusions de permanence autoritaire.
Éclat des élections
En 2018, les urnes ont scintillé comme des diamants de justice. Hannah Arendt rappelait : « Le pouvoir d’un gouvernement ne repose pas uniquement sur sa force, mais sur l’accord implicite de ceux qu’il gouverne. » Le peuple congolais, acteur et juge, a sculpté sa propre légitimité et permis une alternance pacifique et civilisée.
Rêve de conscience collective
Au-delà du sang et des cris, une conscience politique est née, telle une constellation dans la nuit du Congo. Laclau et Mouffe affirmaient : « Les démocraties véritables se construisent lorsque les citoyens se reconnaissent comme porteurs d’intérêts collectifs. » Ici, le peuple s’est dressé, uni, et a écrit l’histoire.
La rue a parlé, le peuple a agi, et l’histoire a retenu son souffle. Ignorer cette victoire citoyenne, c’est oublier les martyrs du 16 février. Aimé Césaire le rappelait : « La démocratie n’est pas un but à atteindre, mais un chemin à parcourir. » Et ce chemin congolais, incandescent et lumineux, continue de tracer l’épopée d’un peuple qui a dit non à la dynastie et oui à la liberté.
Didier BOFATSHI / voltefaceinfos7.com