Un nouveau drame frappe le site minier de Gasasa, situé près de Rubaya dans le territoire de Masisi, province du Nord-Kivu. Un glissement de terrain survenu mardi a fait craindre plus de 200 victimes, alimentant l’angoisse des familles et relançant le débat sur la sécurité dans les carrières artisanales.
La colline a parlé dans la langue de la mort
Le glissement de terrain s’est produit vers 15 h 30, sans pluie apparente, dans une zone marécageuse fragilisée par l’extraction minière anarchique.
Les recherches se poursuivent pour retrouver des survivants ou extraire les corps ensevelis sous la terre effondrée. Les victimes potentielles incluent des creuseurs artisanaux mais aussi de petits commerçants travaillant autour du site.
La zone de Gasasa, riche en coltan, avait déjà connu un éboulement meurtrier le 28 janvier précédent, provoquant plus de 400 morts selon des sources locales.
La mine comme prison économique
Dans cette région du République démocratique du Congo, l’exploitation artisanale demeure une économie de survie. Les creuseurs descendent quotidiennement dans des galeries instables, souvent sans équipement de protection ni encadrement technique.
L’interdiction d’accès à certaines zones dangereuses reste difficile à appliquer, car la pauvreté pousse les populations à retourner sur les sites malgré les risques.
Le silence autour des images
Plusieurs témoins affirment que des personnes ayant filmé la scène auraient été interpellées dans un contexte d’insécurité marqué par la présence de groupes armés, notamment des factions liées à des dynamiques rebelles actives dans l’est congolais.
La terre, la faim et la fatalité
Dans les collines du Kivu, la richesse minérale côtoie la fragilité humaine. Comme l’écrivait Aimé Césaire : « La misère est le grand soleil des hommes sans histoire. » À Gasasa, la terre continue d’avaler des destins, rappelant que le progrès minier sans sécurité humaine reste une promesse inachevée.
Didier BOFATSHI / VF7, via voltefceinfos7.com