Vingt-trois ans après les massacres de Mambasa, la justice a frappé. Condamné à trente ans de prison à Paris, Roger Lumbala voit désormais ses avocats préparer l’appel, tandis que les voix des victimes résonnent encore, exigeant réparation et mémoire.
Appel imminent : la défense en marche
Le collectif d’avocats de l’ancien opposant congolais a annoncé son intention d’interjeter appel dès mercredi, un jour après la condamnation prononcée par la Cour d’assises de Paris.Maître Tshibangu Kalala a rappelé à Radio Okapi que le verdict, loin de surprendre, reflète le choix de Lumbala de ne pas assister aux audiences. Son absence volontaire a été interprétée comme un refus de se défendre, pesant lourdement dans la décision de la Cour.
L’ombre des crimes passés
Roger Lumbala, ancien député et figure politique congolaise, est poursuivi pour des crimes commis en Ituri entre 2002 et 2003, lors de l’opération tristement surnommée « Effacer le tableau ». Sous l’emprise du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD)-National, les villages de Mambasa, Babila Babombi, Bwakwanza et Lese ont été dévastés. Les femmes ont subi le viol comme arme de guerre, des milliers de vies ont été fauchées, et des centaines de familles ont fui vers Beni ou Bafwasende.
Justice et mémoire : les voix des victimes
Pour les ONG et les organisations de défense des droits humains, le verdict est une avancée dans la lutte contre l’impunité. En Ituri, la société civile réclame réparation et indemnisation pour des milliers de survivants qui portent encore les cicatrices de ces violences. Vingt-trois ans plus tard, le soulagement se mêle à la demande persistante de justice et de reconnaissance.
Résonances et perspectives
Si la France a jugé un homme, c’est tout un territoire qui espère voir sa mémoire honorée. L’appel des avocats ne change rien aux voix des victimes, qui continuent de réclamer vérité et réparation. Entre Paris et l’Ituri, l’histoire se déploie comme un fleuve : lente, implacable, mais irrésistible, traçant son cours vers la justice.
Rédigé par Didier BOFATSHI
Source : voltefaceinfos7.com