Le Conseil de sécurité prolonge le mandat de la Monusco jusqu’en décembre 2026 et rebat les cartes. À travers la Résolution 2808, l’ONU autorise désormais la mission à soutenir un cessez-le-feu permanent, tout en gelant son désengagement face à l’aggravation sécuritaire dans l’Est. Un texte charnière, à la fois politique, régional et militaire.
Un retrait stoppé net par la réalité du terrain
La Monusco devait s’effacer. Elle reste. La Résolution 2808 prend acte d’une pause dans le désengagement de la mission onusienne, dictée par la dégradation sécuritaire, notamment au Sud-Kivu. Ce choix marque un retour au pragmatisme : l’ONU reconnaît que le vide sécuritaire serait plus dangereux que la présence contestée des Casques bleus. Le calendrier cède devant l’urgence.
Le cessez-le-feu comme nouvel horizon stratégique
Pour la première fois avec autant de clarté, la Monusco est autorisée à appuyer un cessez-le-feu permanent via un mécanisme de suivi et de vérification. Une bascule silencieuse mais majeure. Le conflit congolais est désormais traité comme une équation politique régionale, intégrant l’accord de paix de Washington et le cadre diplomatique de Doha. La paix ne se décrète plus à Goma, elle se négocie sur plusieurs continents.
Le M23 nommé, Kigali interpellé
Le texte va plus loin. Il appelle explicitement au retrait du M23 et mentionne le soutien direct des Forces de défense rwandaises. Une métonymie lourde de sens : derrière les groupes armés, ce sont les États qui sont visés. Autorisée à adopter une posture robuste, mobile et proactive, la Monusco retrouve un rôle de dissuasion, sans illusion toutefois.
La Résolution 2808 ne promet pas la paix. Elle trace une ligne de résistance diplomatique. En RDC, l’ONU ne part plus ; elle temporise, observe, documente. En attendant que la politique rattrape enfin les armes.
Source : Radio Okapi/ via votelafecinfos7.com