Le ton est sans ambiguïté. Invité sur Bosolo TV, Willy Mishiki, président du conseil d’administration des Wazalendo et député de Walikale, estime qu’il est « impossible » d’organiser les élections prévues en 2028 avant l’horizon 2030. Une position qu’il qualifie de « technique » plutôt que politique.
Selon lui, le calendrier est irréaliste : à deux ans du scrutin, aucune ligne budgétaire spécifique n’aurait été prévue dans le budget 2026 pour financer les opérations électorales. « Avec quels moyens serons-nous prêts en 2028 ? », s’est-il interrogé.
L’équation budgétaire
Pour l’élu, l’organisation d’élections crédibles suppose une planification financière anticipée et rigoureuse. Or, en l’absence d’enveloppe dédiée, la faisabilité matérielle du scrutin est compromise. L’argument porte sur la logistique, la sécurisation et la reconstruction des infrastructures électorales.
Le verrou sécuritaire
Willy Mishiki invoque également la situation sécuritaire à l’Est. Il affirme que des installations de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) auraient été détruites dans le Nord et le Sud-Kivu par l’AFC-M23. Dans ces conditions, soutient-il, la priorité doit aller à l’effort de guerre et à la stabilisation avant toute échéance électorale.
Il propose un délai d’au moins sept ans pour permettre au président Félix Tshisekedi de consolider la sécurité et la gouvernance.
Constitution et refondation
Le député plaide également pour une révision constitutionnelle afin d’adapter certains dispositifs aux « réalités actuelles » du pays, notamment en matière de paix et de sécurité. Une proposition qui pourrait raviver un débat sensible sur l’équilibre institutionnel.
Un dialogue hors frontières
Enfin, Willy Mishiki soutient l’organisation d’un dialogue national inclusif réunissant toutes les composantes politiques et sociales, y compris à l’étranger — il cite l’Angola comme exemple. À l’issue de ces assises, affirme-t-il, tous les acteurs, y compris le chef de l’État, pourraient se porter candidats à la prochaine présidentielle.
Entre contraintes techniques, impératifs sécuritaires et réformes institutionnelles, la proposition ouvre un débat majeur sur le calendrier démocratique congolais.
La Tempête des Tropiques / VF7, via voltefaceinfs7.coma