RDC: « Washington fore le Congo : l’Amérique à l’assaut du sous-sol stratégique »

La terre qui murmure à la Maison-Blanche

La République démocratique du Congo s’invite au sommet mondial des minerais critiques à Washington. Félix Tshisekedi parle au nom d’un sous-sol devenu capital géopolitique. Face à une cinquantaine d’États, Kinshasa signe un protocole d’accord avec les États-Unis, la DFC et l’Exim Bank. Officiellement, il s’agit de coopération. En réalité, le sol congolais entre dans la guerre mondiale des ressources.

Le cuivre comme passeport

Le message est clair : 50 000 tonnes de cathodes de cuivre seront livrées par la Gécamines via Mercuria. En arrière-plan, des négociations plus profondes : Mutanda, Kolwezi, Orion Critical Mineral Consortium. Washington veut sécuriser ses chaînes d’approvisionnement face à Pékin. Donald Trump annonce un plan de 12 milliards de dollars, Project Vault, pour stocker les minerais stratégiques. Comme l’écrivait Robert Gilpin, « l’économie mondiale est aussi un champ de rivalités politiques ». La RDC devient ici pièce maîtresse d’un échiquier industriel global.

Aux puissances affamées

Le discours s’adresse aux États-Unis, mais aussi à la Chine, silencieuse mais omniprésente. Pour Jean-Pierre Okenda, de l’ONG Sentinelle des Ressources Naturelles, la diversification est salutaire, mais risquée : « Nous n’avons pas encore d’objectifs clairs, structurés, à court et long terme ». Derrière les signatures, une inquiétude : le Congo échange des actifs sans vision consolidée. Joseph Stiglitz rappelait que « les ressources naturelles sont une bénédiction seulement si elles sont gouvernées ».

Un sommet interministériel à Washington, vitrine diplomatique et marché géopolitique feutré, où les protocoles valent parfois plus que les discours.

La RDC attire des capitaux, rompt le quasi-monopole chinois et s’impose comme fournisseur stratégique. Mais l’afflux d’accords sans stratégie nationale claire expose le pays à une reproduction sophistiquée des déséquilibres passés. Comme le notait Susan Strange, « le pouvoir structurel décide qui gagne et qui dépend ».

Washington creuse, Kinshasa espère. Reste la question essentielle : le Congo contrôle-t-il sa richesse ou la met-il simplement en circulation ? Car, comme l’avertissait Thomas Hobbes, « la puissance sans direction engendre la dépendance ». Le sous-sol parle ; encore faut-il savoir l’écouter.

RFI / VF7, via voltefaceinfos7.com

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