La République Démocratique du Congo se tient au bord d’un miroir brûlant. La proposition d’une commission « vérité et réconciliation », soutenue par Martin Fayulu et le mouvement Lamuka, n’est pas un simple mécanisme politique : c’est un révélateur. Elle pose une question vertigineuse faut-il penser la plaie ou sonder la blessure jusqu’à l’os ? Comme le rappelait Nelson Mandela : « Il n’y a pas d’avenir sans pardon. » Mais le pardon sans vérité n’est qu’un voile posé sur une braise.
L’étreinte ou l’éclipse
La réconciliation promet l’unité. Elle chuchote l’apaisement. Pourtant, si elle devient étreinte des élites et oubli des victimes, elle se mue en éclipse morale. Hannah Arendt avertissait :
« Le mal devient banal lorsqu’on cesse de le nommer. » Nommer, c’est juger. Se taire, c’est consentir.
Le verrou constitutionnel
La Constitution du 18 février 2006 grave dans le marbre l’imprescriptibilité de la haute trahison. Montesquieu écrivait : « Il n’y a point de liberté si la puissance de juger n’est pas séparée. »
Si la justice se plie au compromis, l’État vacille. Une nation ne peut proclamer l’État de droit tout en ajournant le droit de l’État
La souveraineté à nu
Dans l’Est meurtri, la souveraineté n’est pas un concept, mais une cicatrice. Jean-Jacques Rousseau prévenait : « Quand quelqu’un dit : Que m’importe l’État ? l’État est perdu. »
La trahison relativisée est une frontière ouverte.
La mémoire ou l’amnésie
La commission sera-t-elle un phare ou un rideau ? Saint Augustin lançait : « Sans justice, les royaumes ne sont que de grandes bandes de brigands. » La paix sans justice n’est qu’un silence tendu.
La RDC ne choisit pas seulement une procédure : elle choisit son visage. Comme le disait Alexis de Tocqueville : « La grandeur d’une nation réside dans la solidité de ses institutions. » Et si la vérité brûle, c’est qu’elle éclaire.
Didier BOFATSHI / Voltefaceinfo7.com