RDC-Uvira, la ligne de front du destin congolais

Les Wazalendo se coalisent, la guerre change d’échelle
Dans l’Est de la République démocratique du Congo, où la carte du territoire se redessine au rythme des armes, les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), dits Wazalendo, ont décidé de parler d’une seule voix. Réunis à Kinshasa, ils ont créé une coalition nationale et placé la reconquête d’Uvira au sommet de leurs priorités, faisant de cette ville-limite le symbole d’un sursaut national face à l’AFC/M23.
Quand l’éclatement cède la place à la coalition
Le samedi 13 décembre 2025, à Kinshasa, les fragments épars de l’autodéfense congolaise ont tenté de devenir un bloc. Sous le thème «Coaliser pour réussir ensemble», les mouvements Wazalendo ont acté la naissance d’une coalition nationale des volontaires pour la défense de la patrie, dotée d’un directoire exécutif censé coordonner une lutte jusqu’ici morcelée.
À sa tête, le professeur Dady Saleh, économiste du développement, a été élu directeur exécutif national. La présidence du Conseil d’administration revient au député national Willy Mishiki, élu de Walikale. Deux profils, un civil et un politique, pour incarner une même ambition : transformer une résistance diffuse en force structurée.
Uvira, le verrou et le symbole
Au cœur du discours, un nom revient comme un battement sourd : Uvira. Tombée sous le contrôle de l’AFC/M23, la ville est décrite comme un verrou stratégique. Elle ouvre sur le lac Tanganyika, ce miroir d’eau qui relie le Sud-Kivu au Grand Katanga. Perdre Uvira, avertissent les responsables de la coalition, c’est risquer de voir la guerre glisser vers Kalemie, Pweto, Moba — et avec elle, menacer le poumon économique du pays. Des task forces opérationnelles sont annoncées. Le plan, promet Dady Saleh, sera clair mais discret. La priorité est urgente, martelée comme un impératif national.
Légalité revendiquée, droits humains promis
Consciente des controverses entourant les groupes armés d’autodéfense, la coalition insiste sur sa légitimité constitutionnelle. L’article 63 de la Constitution est brandi comme fondement juridique, consacrant le devoir de chaque citoyen de défendre l’intégrité territoriale.
Sur le terrain des principes, le directoire affirme également son engagement en faveur du respect des droits de l’homme, promettant une action encadrée, disciplinée, et conforme aux normes nationales et internationales.
Une guerre qui défie la diplomatie
Cette recomposition intervient dans un contexte paradoxal. Alors que les accords de Washington entre Kinshasa et Kigali étaient censés consolider un cessez-le-feu, la réalité militaire raconte une autre histoire. Les lignes avancent, les accusations fusent, et la paix négociée semble s’effacer devant la logique des faits accomplis. À l’Est, la guerre ne se contente plus d’être locale. Elle devient systémique. Et Uvira, désormais, en est le cœur battant.
Rédigé par Didier BOFATSHI
Source : voltefaceinfos7.com

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