RDC-USA : un pacte minéral pour l’avenir en équilibre

Kinshasa et Washington ont franchi un pas décisif vers un partenariat stratégique centré sur l’industrialisation et les minerais critiques. Tandis que les tractations diplomatiques dessinent un futur énergétique et minier, la société congolaise s’interroge : opportunité ou bradage national ?
Une table de pilotage au cœur du deal
Le Comité de pilotage conjoint (JSC) est désormais en place, cinq représentants de chaque État, au consensus près. « Les leviers se mettent bien en place », confie Daniel Mukoko Samba, vice-Premier ministre et ministre de l’Économie nationale. Dès janvier 2026, la RDC transmettra la liste de ses projets stratégiques et de ses réserves d’actifs, des clés pour transformer l’industrie et sécuriser les chaînes d’approvisionnement en minerais stratégiques.
Infrastructures et énergies : corridors de puissance
La réhabilitation du corridor ferroviaire RDC-Angola et le méga-projet hydroélectrique du Grand Inga symbolisent la volonté de synchroniser ambitions économiques et investissements étrangers. L’accord vise à mobiliser financements publics et privés, tout en ouvrant des fenêtres pour les entreprises américaines, au risque de cristalliser des tensions sur la souveraineté nationale.
Entre confiance et critique : l’écho des voix
Si le gouvernement voit dans ce partenariat un signe de confiance et de coopération, l’archevêque de Lubumbashi, Fulgence Muteba Mugalu, avertit : « Cet accord sacrifie le développement du pays et compromet le bien-être des générations futures. » Le pacte stratégique, à la fois poème et calcul, tisse une trame où le cuivre et le cobalt deviennent autant des promesses que des enjeux de pouvoir.
Didier BOFATSHI

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