La République Démocratique du Congo explore une révolution discrète : la commercialisation de smartphones à 40 dollars pour accélérer l’inclusion numérique. Portée par l’GSMA, l’initiative vise à briser le mur du coût qui retient encore l’accès à l’internet mobile.
Le ministère congolais de l’Économie numérique, dirigé par Augustin Kibassa Maliba, soutient l’idée d’une coalition entre État, opérateurs et fabricants. L’objectif : alléger la fiscalité sur les terminaux d’entrée de gamme et concentrer la pression fiscale sur les appareils haut de gamme afin de préserver les équilibres budgétaires.
L’écran comme horizon social
Avec environ 65% de pénétration mobile mais seulement 32% d’accès réel à l’internet, le défi n’est plus la connectivité théorique mais l’accessibilité économique. Le faible pouvoir d’achat demeure la frontière invisible entre le citoyen et le monde numérique.
Comme l’écrivait Marshall McLuhan, « le médium est le message ». Ici, le smartphone n’est plus seulement un objet : il devient passerelle sociale, outil d’apprentissage et marché ouvert pour l’économie créative.
Fiscalité du futur
La stratégie proposée repose sur un déplacement du poids fiscal vers les appareils premium et la production de masse. L’expansion du nombre d’utilisateurs pourrait accroître les revenus du secteur télécom tout en compensant les allègements tarifaires.
Innovation contre exclusion
La RDC figure parmi les six pays pilotes du programme. Les autorités y voient un levier de transformation économique, d’entrepreneuriat digital et de modernisation des services.
Hannah Arendt rappelait que « la liberté politique commence là où cesse la peur de l’exclusion ». L’inclusion numérique devient ainsi un enjeu civique autant qu’économique.
Dans l’Afrique connectée de demain, le progrès ne s’écrit plus seulement en kilomètres de fibre, mais en écrans accessibles. « L’avenir appartient à ceux qui apprennent à le lire », disait Victor Hugo. Et désormais, il se lit peut-être dans la paume de la main.
ACP / VF7, via voltefaceinfos7com