
Dans l’Est de la République démocratique du Congo, la liberté d’informer vacille sous les coups de l’escalade du conflit. Reporters sans frontières (RSF) alerte : les journalistes sont désormais en première ligne, pris entre le marteau des Forces armées congolaises (FARDC) et l’enclume du M23, soutenu par le Rwanda. Sadibou Marong, directeur du bureau Afrique subsaharienne de RSF, prévient : « La guerre dans l’Est fait de la RDC l’épicentre du danger pour les journalistes dans la région des Grands Lacs. »
Plumes enchaînées
Depuis 2021, le M23 s’est emparé de vastes territoires, instaurant une administration parallèle à Goma et Bukavu. Des journalistes ont été arrêtés, emprisonnés dans des conteneurs où 80 détenus cohabitent, et forcés à suivre des « formations idéologiques ». Jeanne Lagarde de RSF dénonce : « Environ 500 journalistes ont été arrêtés au cours des dix dernières années, dont plus de la moitié en RDC. Certains ont été détenus pendant des mois, voire des années. »
Censure en écho
Les programmes radio et les sujets d’information sont muselés, la désinformation s’intensifie. Le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) impose un contrôle strict du discours, transformant l’information en champ de bataille. Chaque mot devient un risque, chaque phrase un acte de courage silencieux.
Fuite et exil
Entre 2023 et début 2025, 90 journalistes ont dû fuir les provinces du Sud-Kivu et du Nord-Kivu, leurs foyers abandonnés face aux menaces et pressions. La plume, jadis arme de vérité, se voit désormais enchaînée et traquée dans les rues et les studios.
Résilience en sursis
La situation illustre une vérité simple mais cruciale : l’information est un droit, et son contrôle un pouvoir absolu. Comme l’écrivait George Orwell : « Dans une époque de tromperie universelle, dire la vérité devient un acte révolutionnaire. » Les journalistes de l’Est de la RDC, dans l’ombre des conflits, incarnent ce courage, fragile mais indispensable.
Didier BOFATSHI / VF7, voltefaceinfos7.com