La République démocratique du Congo frappe à la porte de l’OIF. Forte de sa jeunesse, de sa démographie et de sa francophonie, elle se positionne pour un leadership inédit. La France se dit ouverte à sa candidature, tandis que la compétition diplomatique avec le Rwanda se dessine déjà, sur fond d’ambitions personnelles et de stratégies continentales.
Le poids d’une jeunesse qui parle français
Éléonore Caroit, ministre française chargée de la Francophonie, a souligné l’importance de la RDC pour l’avenir de la langue française : « Avec votre démographie et tous les locuteurs de français présents aujourd’hui, la RDC est un acteur essentiel de la francophonie ». L’Afrique, et la RDC en particulier, deviendra le moteur de la langue française : de 320 millions de francophones aujourd’hui, on pourrait atteindre 700 millions en 2050. L’avenir de la Francophonie se joue donc sur le continent, et la RDC entend y jouer un rôle majeur.
Diplomatie et bras de fer silencieux
Kinshasa prépare sa candidature au poste de secrétaire général de l’OIF, en riposte implicite à la volonté rwandaise de reconduire Louise Mushikiwabo. Selon Éléonore Caroit : « L’important pour nous, c’est que la RDC joue pleinement son rôle au sein de la francophonie ». Derrière ces mots se profile une bataille diplomatique stratégique où influence, représentativité et soft power seront décisifs.
La Francophonie, tremplin et miroir
La candidature congolaise n’est pas seulement un enjeu symbolique : elle reflète la volonté du pays de s’imposer comme acteur incontournable du multilatéralisme, à l’image de sa récente accession au Conseil de sécurité des Nations unies. Kinshasa mise sur ses atouts : population massive, jeunesse dynamique et engagement francophone. « Nous avons beaucoup de choses à faire pour promouvoir la langue française et les valeurs qui nous unissent », résume Caroit.
La RDC s’avance, ambitieuse et déterminée : la Francophonie devient le théâtre où se mesurent influence, jeunesse et diplomatie. Et au cœur de cette quête : « jouer pleinement son rôle », un appel à la reconnaissance, à la voix et au pouvoir dans un monde où chaque acteur compte.
Didier BOFATSHI