La République Démocratique du Congo bascule dans un sombre bilan. Selon le Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme (BCNUDH), les violations documentées ont bondi de plus de 20 % en un an, laissant des milliers de vies suspendues entre la violence des groupes armés, des forces de l’État et des geôles clandestines.
Les exécutions, comptées comme des feuilles mortes
Plus de 3 900 victimes d’exécutions sommaires ou extrajudiciaires, dont près de 300 enfants, jonchent le paysage des provinces de Nord-Kivu, Sud-Kivu et Ituri. Les groupes armés, en tête le M23, suivent les Wazalendo, ADF et Codeco, dressant la carte d’une violence méthodique et sans frein. “Chaque vie arrachée devient un cri muet contre l’impunité,” souligne le rapport.
L’enfer des détentions et tortures
Les services de renseignements congolais ANR, CNC, état-major militaire détiennent 503 personnes dans des lieux non officiels, certaines depuis 2023, sans avocat, sans juge, sans nouvelles de leur famille. Le BCNUDH documente tortures physiques et psychologiques. Le Conseil national de cyberdéfense, structure sans pouvoir légal d’arrestation, se retrouve accusé de séquestrer des citoyens à Kinshasa, souvent pour des opinions politiques ou des liens supposés avec d’anciens dirigeants.
Violence sexuelle et enfants volés
Les violences sexuelles liées aux conflits explosent : près de 60 % de hausse, plus de 600 victimes, incluant mineurs et femmes. Là encore, le M23 est pointé du doigt. L’État lui-même n’est pas épargné : 20 % des victimes sont touchées par les FARDC, la police ou les services de renseignements. La feuille de route signée par le vice-Premier ministre de la Défense en septembre 2025 vise à corriger ce schéma, mais le défi reste immense.
Les voix menacées et la protection absente
Journalistes, défenseurs des droits, lanceurs d’alerte : 628 demandes de protection individuelle, dont 525 attribuées directement à l’AFC-M23. La menace plane, répétée, et la justice peine à se faire entendre, laissant la population exposée aux vents du chaos.
La RDC, théâtre d’exécutions, de tortures et d’ombre, s’érige comme un avertissement mondial. Comme le rappelait Vaclav Havel : “La liberté commence là où la peur prend fin.” Ici, la peur reste maîtresse, et chaque vie exposée devient un appel à la conscience et à l’action internationale.
RFI / VF7, via voltefaceinfos7.com