
À peine célébrée, la qualification des Léopards au Mondial 2026 révèle une autre réalité : celle d’une économie mise en pause. La décision gouvernementale de décréter une journée chômée et payée, censée prolonger la ferveur populaire, déclenche une controverse immédiate. Entre exaltation collective et inquiétudes économiques, la nation oscille. « Dans un contexte économique déjà fragile, chaque journée compte », alerte Rodrigue Ramazani. Derrière la fête, il y a le coût.
La fête qui fige les rouages
Pour le parti Envol de Delly Sesanga, la mesure a des « conséquences économiques réelles ». Activités ralenties, banques à l’arrêt, chaînes d’approvisionnement perturbées : l’économie nationale marque une pause forcée. L’élan patriotique se heurte ici à la mécanique implacable de la production.
Le cri des marchés silencieux
Les premiers touchés sont les plus vulnérables. Les petits commerçants, qui vivent au jour le jour, voient leurs revenus s’évaporer. Une journée sans vente devient une journée sans survie. La célébration nationale prend alors une autre tonalité : celle d’un manque à gagner tangible, presque immédiat.
L’émotion contre la raison
Ramazani tranche : la décision est « émotionnelle, dénuée de toute rationalité ». Le pouvoir, en cherchant à capter l’euphorie, expose une tension classique entre gouvernance symbolique et rigueur économique. « Gouverner, c’est prévoir », rappelait Émile de Girardin — et prévoir, ici, c’était arbitrer.
L’unité fissurée
Pourtant, l’adhésion à la victoire reste intacte. Martin Fayulu salue « la détermination et le courage » ; Denis Mukwege évoque un pays « où la paix reste fragile » ; Moïse Katumbi appelle à « porter haut les couleurs de la RDC » ; et Patrick Muyaya rappelle, citant Pierre Corneille : « À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire ».
Mais sous cette unité apparente, une fracture se dessine : celle entre l’émotion nationale et les réalités économiques. « Une nation ne se nourrit pas seulement de symboles, mais aussi de travail. » Et comme le soulignait John Maynard Keynes : « À long terme, nous sommes tous morts » une manière de rappeler que les décisions du présent engagent toujours le coût de demain.
Didier BOFATSHI / VF7, voltefaceinfos7.com