RDC : l’Est en flammes, le corps diplomatique au chevet d’un territoire en suspens

Les gardiens silencieux de la souveraineté. Le Corps diplomatique accrédité en RDC a élevé sa voix au Palais de la Nation pour condamner toute agression contre le pays et réaffirmer son soutien à l’intégrité territoriale. Rachid Agassim, doyen du corps et ambassadeur du Maroc, a déclaré : « Nous nous opposons à tout acte d’agression et de violence et nous sommes pour le respect de la souveraineté nationale et de l’intégrité territoriale totale de la République démocratique du Congo. » Derrière ce discours diplomatique se dessine un message clair : la communauté internationale veille, même si le nom des responsables reste tus.

Les accords de papier et le sang sur le sol

Malgré l’accord de Washington signé en juin 2025 sous médiation américaine, les violences de l’AFC/M23 persistent dans l’Est, soutenue par le Rwanda selon Kinshasa. Les diplomates déplorent que « l’on remarque avec consternation la poursuite des attaques, de l’occupation ainsi que des violations des droits de l’homme ». Les mécanismes de cessez-le-feu et les déclarations de principes peinent à se traduire en sécurité réelle. Comme l’écrit Kenneth Waltz : « Les structures de pouvoir façonnent les comportements, mais elles ne suffisent pas à garantir la paix sur le terrain. »

Dialogues figés, espoirs suspendus

Les négociations de Doha, sous médiation qatarie, et le dialogue national restent bloqués. Félix Tshisekedi insiste pour que toute initiative émane de sa propre autorité, tandis que le terrain continue de brûler. L’inertie des processus diplomatiques nourrit l’incertitude et les souffrances des populations. Joseph Nye rappelait que « le pouvoir d’influence ne réside pas seulement dans la force militaire, mais dans la capacité à façonner les perceptions » : ici, la perception d’un État souverain et protégé par ses partenaires est mise à l’épreuve.

Entre accords signés et batailles inexorables, l’Est de la RDC demeure un théâtre où la paix se négocie dans le silence et l’espoir vacille comme une flamme fragile. Comme le disait Alexander Wendt : « Les intérêts se construisent dans la perception mutuelle. » Et dans cette perception fragile, chaque diplomate, chaque mot, chaque geste peut décider du destin d’un territoire entier.

Didier BOFATSHI

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