Plus de quarante ans après le dernier recensement national, la République démocratique du Congo se lance dans une course contre le temps et le vide statistique. Le gouvernement prépare le deuxième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-II), un chantier colossal estimé à 192 millions de dollars, qui pourrait enfin révéler la véritable ampleur démographique du pays, estimée aujourd’hui à plus de 114 millions d’habitants.
L’appel aux alliés
Le ministre du Plan, Guylain Nyembo, a annoncé une table ronde stratégique prévue le 20 mars pour mobiliser partenaires techniques et financiers. L’objectif : rassembler les ressources dans un fonds commun unique, garantissant transparence et efficacité. Chaque dollar engagé doit devenir une brique dans l’édifice du savoir démographique. Comme le rappelait Amartya Sen : « Les données sont la lumière qui éclaire le développement ».
Cartographier l’invisible
Au-delà de l’argent, le RGPH-II vise à mettre des chiffres sur l’invisible, à transformer la projection en connaissance concrète. Les étapes sont nombreuses : cartographie, collecte, traitement et publication des résultats. Ce recensement, le premier depuis 1984, n’est pas qu’un exercice statistique : c’est une cartographie du destin national, un outil indispensable pour planifier politiques publiques, infrastructures et programmes sociaux.
La promesse d’un pays qui se compte
Avec l’appui technique de l’UNFPA, la RDC espère que cette table ronde scellera des engagements financiers fermes, permettant au recensement de se dérouler dans les délais prévus. L’enjeu dépasse la finance : il touche à l’identité collective du pays, à la connaissance exacte de ses citoyens et de leurs besoins.
Après quarante ans de silence chiffré, la RDC se mesure enfin. Comme l’écrivait Kenneth Arrow : « Comprendre, c’est pouvoir agir ». Demain, ces chiffres décideront des routes, des écoles et des vies. Le recensement n’est pas seulement comptage, il est la clé du futur national.
Bete.cd / VF7, via voltefaceinfos7.com