RDC : L’agriculture au cœur du pari de stabilité nationale

À Bandundu, lors de l’ouverture de la 13ᵉ Conférence des Gouverneurs, le Président Félix Tshisekedi a placé les exécutifs provinciaux face à une exigence claire : proposer des recommandations concrètes pour transformer le secteur agricole tout en consolidant la stabilité institutionnelle. Dans un contexte marqué par des tensions politiques, des conflits fonciers et des fragilités administratives, l’enjeu dépasse la simple réforme sectorielle : il s’agit d’articuler développement économique, gouvernance locale et cohésion territoriale.

Agriculture comme levier

Le chef de l’État insiste sur une approche globale où l’agriculture, la pêche et l’élevage deviennent des moteurs de transformation structurelle. Au-delà des filières, c’est tout un écosystème productif qu’il appelle à dynamiser, en lien avec les réalités locales. Cette vision positionne le secteur primaire comme un pilier de la souveraineté économique, capable de réduire la dépendance alimentaire et de stimuler l’emploi, notamment chez les jeunes.

Institutions sous pression

Le Président met en garde contre les tensions récurrentes entre gouvernements provinciaux et assemblées provinciales, qu’il considère comme un frein majeur au développement. Dans cet environnement, l’instabilité institutionnelle compromet la continuité des politiques publiques. L’appel à la responsabilité des acteurs locaux traduit une volonté de restaurer un fonctionnement harmonieux des institutions, condition essentielle à l’efficacité de l’action publique.

Territoires à stabiliser

La stabilisation des territoires apparaît comme un préalable à toute transformation durable. Les conflits fonciers et agropastoraux, souvent liés à des enjeux économiques et sociaux, alimentent des tensions qui fragilisent les communautés. En soulignant ces défis, l’exécutif met en évidence la nécessité d’une gouvernance territoriale plus rigoureuse, capable d’arbitrer les intérêts divergents et de sécuriser les espaces productifs.

Décentralisation en chantier

La conférence s’inscrit également dans une dynamique de renforcement de la décentralisation. L’objectif est de faire des provinces des espaces d’opportunités, capables d’attirer des investissements et de coopérer efficacement avec le pouvoir central. Cette orientation suppose une clarification des responsabilités, une meilleure coordination institutionnelle et une vision partagée du développement national.

À travers cet appel à des recommandations « réalistes et courageuses », le Président Félix Tshisekedi pose les bases d’un contrat implicite entre gouvernance et développement. Comme le rappelait Amartya Sen, « le développement est une question de liberté réelle » : une perspective qui souligne que la sécurité alimentaire, la stabilité institutionnelle et la justice territoriale sont indissociables dans la construction d’un avenir durable pour la République démocratique du Congo.

ACP / VF7, voltefaceinfos7.com

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