RDC : La République dit adieu à une pionnière et à une femme d’État à l’empreinte indélébile

À Kinshasa, mardi 31 mars 2026, le silence du Palais du Peuple a pris des accents d’histoire. La République démocratique du Congo a rendu un hommage solennel à Catherine Nzuzi Wa Mbombo, disparue le 18 mars à 82 ans, figure fondatrice de la présence féminine dans les hautes sphères de l’État.

Autour de la dépouille, les plus hautes autorités se sont recueillies : la Première ministre Judith Suminwa, des membres du gouvernement, le président du Sénat Jean-Michel Sama, ainsi que le gouverneur de la ville de Kinshasa. Tous venus saluer celle qui incarna, avant beaucoup, l’irruption des femmes dans l’arène politique congolaise.

L’éveil d’une époque

Née en 1944 dans le Sankuru, Catherine Nzuzi Wa Mbombo fut de ces figures qui déplacent les lignes du possible. Première femme gouverneure du Bas-Zaïre en 1972 à seulement 28 ans, ministre, candidate à la présidentielle de 2006 : son parcours, exceptionnel, s’inscrit dans ce que Simone de Beauvoir appelait « la conquête patiente de l’existence politique ».

La brèche ouverte

Son ascension dans un univers longtemps dominé par les hommes illustre une transformation lente mais irréversible. Dans la lecture de Pierre Bourdieu, elle incarne une rupture dans la distribution du capital symbolique : celui du pouvoir, de la légitimité et de la représentation.

La mémoire comme institution

L’hommage national dépasse le deuil individuel. Il devient acte politique. Pour Maurice Halbwachs, la mémoire est toujours reconstruite socialement : ici, l’État érige une figure fondatrice en repère collectif, consolidant une continuité historique de la participation féminine au pouvoir.

L’héritage en mouvement

Au-delà du recueillement, c’est une transmission qui s’opère. Le parcours de Catherine Nzuzi Wa Mbombo agit comme un référent pour les générations actuelles, dans une République où la question de la place des femmes reste centrale dans la vie publique et institutionnelle.

Ce dernier hommage n’est pas seulement un adieu : il est un rappel. Celui d’un combat inscrit dans la durée, où chaque avancée repose sur des trajectoires pionnières. Comme l’écrivait Frantz Fanon : « Chaque génération doit, dans une relative opacité, découvrir sa mission ». Et dans le silence du Palais du Peuple, une certitude demeure : les pionnières ne disparaissent jamais vraiment elles deviennent des repères.

Didier BOFATSHI / VF7, voltefaceinfos7.com

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