À Ottawa, le message du gouvernement de la République Démocratique du Congo est clair : les crimes attribués au M23-AFC ne peuvent être confondus avec la communauté Banyamulenge. Kinshasa tente de désamorcer la logique de stigmatisation ethnique dans un conflit où le récit compte autant que les armes.
La communauté n’est pas la guerre
Pour le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya insiste sur la distinction entre population et rébellion. Les Banyamulenges sont décrits comme victimes d’instrumentalisation régionale, non comme acteurs du mouvement armé. Le discours cherche à couper le lien entre identité communautaire et violence politique.
La mosaïque congolaise contre la fragmentation
La RDC se présente comme un espace de pluralité avec plus de 450 ethnies. Cette diversité est opposée à la logique d’instrumentalisation régionale. La rhétorique officielle affirme que le conflit est avant tout géopolitique et non civilisationnel, dans un contexte de tensions avec le Rwanda.
Diplomatie et souveraineté sécuritaire
Kinshasa évoque des avancées diplomatiques, notamment une reconnaissance partielle de l’exploitation illégale des minerais congolais. Le gouvernement veut associer reconstruction militaire et coopération internationale, tout en excluant tout « mixage » sécuritaire.
Paix, justice et mémoire stratégique
La position congolaise repose sur un principe : « Sans justice, il ne peut y avoir de paix ». Les FDLR sont décrites comme des réfugiés devant retourner au Rwanda, tandis que l’occupation étrangère reste l’obstacle principal à la stabilité. Entre diplomatie et mémoire historique, Kinshasa construit un récit politique : séparer peuple, régime et rébellion pour désamorcer la guerre.
« La paix n’est pas l’absence de guerre, mais la présence de justice », disait Martin Luther King. Dans l’Est congolais, la bataille des armes se double désormais d’une bataille des mots.
APC / VF7, via voltefaceinfos7.com