
« La paix ne sera pas atteinte sans justice » : devant le Conseil de sécurité, le Danemark martèle une ligne inflexible face aux violences attribuées au Mouvement du 23 mars dans l’Est de la République démocratique du Congo. Crimes contre l’humanité, crimes de guerre, violences sexuelles : Copenhague exige responsabilité, poursuite des enquêtes et mise en place d’une commission d’enquête, soutenue par « un financement adéquat et durable ».
Le sang appelle le droit
« Les infractions les plus graves contre le droit international » : la formule du Danemark résonne comme un acte d’accusation. Dans les Kivu, la guerre ne se contente plus de tuer, elle fracture le droit lui-même. Comme le rappelait Hannah Arendt, « là où tous sont coupables, personne ne l’est vraiment » d’où l’urgence de nommer, d’identifier, de juger.
L’enquête, colonne vertébrale de la vérité
Copenhague insiste : « les travaux de la mission d’établissement des faits devraient se poursuivre avec la mise en place d’une commission d’enquête ». La justice s’écrit dans la durée, dans la rigueur des preuves. Desmond Tutu le disait sans détour : « sans vérité, pas de réconciliation ». Ici, la vérité devient architecture de paix.
La paix par le verbe, pas par les armes
« La voie vers une paix durable ne peut être tracée par la force » : le Danemark tranche et salue les médiations des États-Unis, du Qatar, du Togo et de l’Union africaine, ainsi que les perspectives de dialogue avec l’appui de l’Angola. « On ne fait pas la paix avec ses amis », rappelait Yitzhak Rabin une vérité rugueuse, mais incontournable.
Le cessez-le-feu, promesse sous tension
Objectif cardinal : « un cessez-le-feu permanent et vérifiable ». Le Danemark appelle toutes les parties à « respecter les engagements pris en faveur de la désescalade ». Mais entre signatures et réalités du terrain, la paix vacille. Comme l’écrivait Thomas Hobbes, « les pactes sans épée ne sont que des mots ».
En martelant que « la paix ne sera pas atteinte sans justice », le Danemark rappelle que l’impunité nourrit la guerre autant que les armes elles-mêmes.
Car au cœur du tumulte congolais, une exigence demeure brûlante : « il ne peut y avoir de paix durable sans justice », insistait António Guterres — une vérité qui, aujourd’hui encore, réclame d’être incarnée.
Didier BOFATSHI
Afriqu’actu / VF7, voltefaceinfos7com