Le débat sur la révision constitutionnelle en RDC prend une nouvelle tournure. Modeste Bahati Lukwebo, président de l’AFDC-A, s’oppose à toute modification de la Loi fondamentale. Son mot d’ordre est limpide : appliquer le texte existant plutôt que le réécrire. « La Constitution est suffisamment claire. Ce qui pose problème, c’est le respect et la mise en œuvre effective de ses dispositions », a-t-il déclaré publiquement, inscrivant son argumentaire dans une défense ferme de l’État de droit.
Le texte, rempart
Pour Bahati, la Constitution de la République Démocratique du Congo ne souffre pas d’obsolescence mais d’inapplication. La stabilité institutionnelle ne se décrète pas par amendement ; elle se construit par discipline juridique. Comme l’écrivait Montesquieu : « Il n’y a point de plus cruelle tyrannie que celle que l’on exerce à l’ombre des lois. »
La thèse des 17 ans
Sans le nommer explicitement, il répond aux analyses d’Evariste Boshab, constitutionnaliste qui avance qu’une Constitution aurait une durée moyenne d’environ dix-sept ans. Argument académique pour les uns, justification politique pour les autres. Mais Bahati inverse la perspective : la longévité d’un texte dépend moins de son âge que de sa fidélité d’application.
Réécrire ou consolider
Le débat divise la majorité et l’opinion. Réformer pour adapter ? Ou préserver pour stabiliser ? Derrière la technique juridique se profile une question de pouvoir et d’équilibre institutionnel. Hannah Arendt rappelait que « le pouvoir naît lorsque des hommes agissent ensemble ». Encore faut-il qu’ils agissent dans le cadre des règles qu’ils se sont données.
La prise de position de Bahati intervient à l’approche des échéances politiques, dans un climat où chaque mot pèse. Qui défend quoi, par quels moyens, avec quel effet ? L’enjeu dépasse la lettre : il touche à la confiance dans la règle commune.
« La force de la Constitution tient moins dans l’encre que dans la volonté de la respecter », écrivait Alexis de Tocqueville. En RDC, le débat ne porte plus seulement sur la réforme du texte, mais sur la fidélité à l’esprit de la loi.
Afrik-Info.cd / VF7, via voltefaceinfos7com