À Kinshasa, le Gouvernement, conduit par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, intensifie les préparatifs du deuxième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-2). À travers des échanges avec l’UNFPA, représentée par Diene Keita, l’exécutif affiche une volonté claire : faire du recensement un levier central de planification, de gouvernance et de développement, avec l’appui de partenaires techniques et financiers internationaux.
Données fondatrices
Le recensement apparaît comme l’ossature invisible de toute politique publique efficace. En organisant la collecte systématique des informations démographiques, l’État cherche à disposer d’une cartographie fiable de sa population. Comme le rappelait William Edwards Deming, « sans données, vous êtes juste une autre personne avec une opinion ». Dans cette perspective, le RGPH-2 ne se limite pas à une opération statistique : il constitue un socle décisionnel.
Gouvernance éclairée
La coordination évoquée entre acteurs nationaux et partenaires internationaux notamment la Banque mondiale, le FMI et la BAD traduit une approche intégrée. Le recours à un mécanisme de financement commun (basket fund) avec l’UNFPA vise à mutualiser les ressources et à renforcer l’efficacité des opérations. Cette architecture collaborative illustre une gouvernance orientée vers la transparence, la rigueur et la cohérence des interventions.
Territoires révélés
L’accent mis sur la sensibilisation des communautés et l’implication des autorités locales souligne l’importance de l’adhésion populaire. Un recensement réussi repose autant sur la technique que sur la confiance. Comme l’affirmait John Graunt, pionnier de la démographie, « les statistiques des populations sont le miroir des sociétés ». Chaque ménage recensé devient ainsi une unité d’information contribuant à une meilleure compréhension des dynamiques territoriales.
Décisions structurées
Au-delà de la collecte de chiffres, l’enjeu est stratégique : orienter les politiques publiques, allouer les ressources et anticiper les besoins sociaux. Un recensement fiable permet d’ajuster les investissements dans les secteurs clés tels que la santé, l’éducation et les infrastructures. Il conditionne la capacité de l’État à répondre de manière équitable et efficace aux attentes des citoyens.
Dans cette dynamique, recenser revient à rendre visible l’invisible et à donner une base tangible à l’action publique. Comme le résumait Ralph Waldo Emerson, « ce que nous mesurons, nous pouvons l’améliorer ». Une maxime qui prend ici tout son sens : compter la population, c’est avant tout donner à la nation les moyens de se connaître pour mieux se construire.
Didier BOFATSHI / VF7, voltefaceinfos7.com
