À l’occasion du 20e anniversaire de la Constitution de 2006, l’Institut pour la Démocratie, la Gouvernance, la Paix et le Développement en Afrique (IDGPA), en partenariat avec l’Université de Kinshasa, a organisé un colloque scientifique au Palais du Peuple. Le professeur André Mbata a rappelé que la Constitution n’est pas éternelle et que c’est au peuple congolais de décider de son avenir, entre révision ou changement.
Aucune Constitution n’est immortelle
D’entrée, André Mbata a souligné la nécessité de ramener le débat constitutionnel des réseaux sociaux vers les cercles académiques : « Si les hommes, qui sont la base des Constitutions, sont eux-mêmes imparfaits et mortels, comment une Constitution peut-elle être parfaite et immortelle ? ». Pour lui, la révision ou le changement du texte revient exclusivement au peuple, et non aux analystes ou aux états-majors politiques.
“Meilleure” ne veut pas dire intouchable
Le professeur Mbata a clarifié sa position antérieure qualifiant la Constitution de 2006 de « meilleure » : « Dire meilleure ne signifie pas qu’elle est intouchable. Elle est meilleure que la Constitution provisoire de 1960, celle de 1964 ou de 1967, mais aucune Constitution n’est parfaite ». La critique et le questionnement du texte sont donc légitimes et nécessaires à la vie démocratique.
Histoire et contestations
Les contestations autour de la Constitution de 2006 ne sont pas nouvelles. Mbata a rappelé la lettre critique de la CENCO du 14 mars 2006, intitulée “Levons-nous et bâtissons”, ainsi que les positions de l’UDPS lors des élections de 2011 et des campagnes récentes. Selon lui, la réélection de Félix Tshisekedi avec une majorité écrasante témoigne que le peuple a implicitement validé les débats et critiques sur le texte.
Analyses pluridisciplinaires
Le colloque a réuni juristes, constitutionnalistes, sociologues et politologues. Parmi eux : Vincent Kangulumba sur les enjeux juridiques, Evariste Boshab sur la modification ou le changement de la Constitution, Jacques Djoli sur l’architecture politico-administrative, Paul-Gaspard Ngondankoy sur l’encadrement du référendum, et Emile Bongeli sur les stratégies de survie politique de la population. Eugène Banyaku a mis en lumière les faiblesses structurelles du leadership congolais.
Une opportunité pour la démocratie
Le professeur Mandefu a conclu que tout changement constitutionnel ne constitue pas une menace, mais une opportunité pour renforcer la démocratie et la souveraineté nationale. Les participants ont plaidé pour un texte mieux adapté aux aspirations du peuple, à la culture politique et aux réalités du pays.
La Constitution appartient au peuple congolais et doit évoluer avec lui. Comme l’écrivait Montesquieu : « Il n’y a point de liberté si la Constitution ne change pas avec les temps ». La RDC est invitée à faire de cette réflexion un instrument de renforcement démocratique et de cohésion nationale.
Didier BOFATSHI / voltefaceinfos7.com