Alors que la crise humanitaire s’aggrave à travers la République démocratique du Congo, le cardinal Fridolin Ambongo a lancé, à l’occasion de Noël, un appel pressant à une « solidarité concrète » envers les populations déplacées. Dans un pays fracturé par les conflits armés, l’archevêque de Kinshasa alerte sur l’ampleur d’une détresse nationale nourrie par la guerre, le sous-financement humanitaire et l’effritement de la protection des civils.
Noël au milieu des ruines humaines
Depuis la cathédrale Notre-Dame du Congo, le 24 décembre, la voix du cardinal Ambongo a résonné comme un rappel à la réalité. Tandis que la Nativité était célébrée, l’Est du pays continuait de s’embraser sous les combats opposant l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda, aux forces gouvernementales, auxquels s’ajoutent les violences des ADF, de la milice Mobondo et d’autres groupes armés. Nord-Kivu, Sud-Kivu, Ituri, Kwamouth, plateau des Batéké : autant de noms devenus métonymies de l’errance, de la peur et de l’exil.
Une solidarité appelée à quitter les mots
Pour le prélat, Noël ne peut se réduire à un refuge spirituel. Il engage à regarder les pauvres, les malades, les déplacés, les femmes et les enfants victimes de la violence. Loin de toute illusion, le cardinal Ambongo reconnaît que la souffrance ne disparaîtra pas avec la fête. Mais il rappelle que, même dans la nuit, une lumière peut orienter l’action : celle d’une solidarité concrète, active, mesurable.
La polycrise congolaise face au mur du financement
Les chiffres confirment l’urgence. Le Plan de réponse humanitaire 2025, évalué à 2,54 milliards de dollars, n’est financé qu’à 22 %, alors que près de 11 millions de personnes ont besoin d’une assistance vitale. Dans un contexte de violence diffuse et d’autorités de facto, l’aide peine à atteindre les civils. Les annonces internationales, dont la mobilisation européenne promise à Paris, restent suspendues à un défi central : transformer l’engagement politique en protection réelle.
Didier BOFATSHI