Après deux journées où la ville a retenu son souffle, Mambasa retrouve ses rues, mais la mémoire des violences plane encore. Les habitants et la société civile, par leur mobilisation, ont rappelé que la sécurité ne se décrète pas : elle se conquiert, entre vigilance citoyenne et présence de l’autorité.
Rues muettes, colère grondante
La ville de Mambasa-Centre, à 165 kilomètres de Bunia, s’est figée dans un silence lourd de reproches. Les organisations de la société civile avaient appelé à la cessation des activités pour dénoncer le banditisme. L’assassinat d’un opérateur économique et la blessure par balle d’un autre habitant ont été l’étincelle. « Avec la mort de ce jeune, laissant derrière lui une veuve et deux orphelins, nous avons voulu réveiller les autorités », confie Marie Noëlla Anotane, activiste des droits de l’homme.
Lueur dans la tempête
La mobilisation a produit ses premiers effets. La police a été déployée dans le quartier Mamba, longtemps perçu comme territoire hors-la-loi. « À cette réclamation, il y a déjà des signaux positifs. Nous pensons que cela va réduire les cas de banditisme », observe John Vuleverio, acteur de la société civile. Le message est clair : la pression citoyenne devient un levier de sécurité.
Rassemblement et souffle citoyen
Les autorités ont organisé un rassemblement populaire pour renforcer le lien entre la population et les forces de sécurité. L’initiative vise à rappeler que la lutte contre le crime est un effort collectif : « La paix ne se réclame pas, elle se construit », insiste un responsable local.
Vie retrouvée, vigilance intacte
Les activités reprennent, mais le spectre des violences plane encore sur Mambasa. Les habitants restent sur le qui-vive, conscients que la sécurité est fragile et que la mobilisation citoyenne demeure essentielle. Comme le résume Marie Noëlla Anotane : « Notre silence n’est pas faiblesse ; il est mémoire et exigence de justice. »
Okapi / VF7, voletafaceinfos7.com