Quand les frontières saignent, Pretoria brandit le glaive du droit

Addis-Abeba. Dans le grand théâtre feutré de l’Union africaine, Cyril Ramaphosa a posé des mots lourds comme des frontières. Face aux fractures sécuritaires du continent, le président sud-africain a réaffirmé que « l’unité, la souveraineté et l’intégrité territoriale » de la République démocratique du Congo ne sont pas négociables. Et il a condamné la progression du M23 / AFC dans l’Est congolais, qualifiant ces prises de territoires d’« actions illégales ».
(Source consultée : page officielle de la présidence sud-africaine.)

Frontières en feu

Ce n’est pas qu’un conflit local : c’est la ligne rouge du continent. En défendant l’intangibilité des frontières, Pretoria rappelle un dogme fondateur. « La paix durable exige le respect de l’intégrité territoriale », martelait Kofi Annan. Ici, la géographie devient serment, et chaque colline conquise sans droit est une fissure dans l’édifice africain.

L’ombre des mains invisibles

Derrière la condamnation, un message implicite : nul État ne doit manipuler les braises congolaises. Comme l’écrivait Robert Keohane, « la souveraineté est la capacité de gérer l’interdépendance selon des règles partagées ». Traduction diplomatique : l’influence ne doit pas se muer en ingérence, ni l’alliance en annexion déguisée.

.Le droit contre la poudre

En qualifiant ces avancées d’illégales, Ramaphosa oppose la norme aux armes. Hannah Arendt rappelait que « la loi crée l’espace où la communauté peut exister sans violence permanente ». La légalité n’est pas un luxe moral : elle est l’ultime rempart contre la balkanisation.

L’Afrique face à son miroir

Ce discours est un test. Défendre la RDC, c’est défendre le principe même d’État en Afrique. « Le système international repose sur des unités souveraines conscientes de leur coexistence », écrivait Hedley Bull. Si la frontière cède, l’ordre vacille.

Conclusion. À travers Kinshasa, c’est l’Afrique qui est sommée de choisir : la règle ou le chaos. « Il n’y a pas de paix sans justice », rappelait Annan. Et lorsque les frontières saignent, c’est la conscience des nations qui doit parler — car, selon Bull, « sans ordre, il n’y a ni sécurité ni civilisation ».

Didier BOFATSHI / VF7, via voltefaceinfos7.com

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