À l’Université de Kinshasa, le sit-in annoncé n’aura pas eu lieu. À la veille de la mobilisation, le dialogue avec le vice-Premier ministre de l’Intérieur a suspendu la colère des professeurs. Un calme retrouvé, certes, mais fragile, suspendu entre promesses et attentes. Derrière l’apaisement, demeure une question centrale : l’État a-t-il traité la racine du mal ou seulement colmaté la brèche ?
Un crime comme électrochoc
Tout est parti d’un drame. L’assassinat du professeur Mathieu Abata a fissuré le quotidien académique et brisé l’illusion d’un campus sanctuarisé. La colline inspirée est devenue colline inquiète. Les enseignants, endeuillés et exposés, ont élevé la voix pour dénoncer une insécurité chronique, longtemps tolérée, désormais insupportable. Le sit-in annoncé était moins une menace qu’un cri, moins un défi qu’un appel à l’État.
Le dialogue, baume immédiat sur une plaie profonde
La rencontre avec le vice-Premier ministre Jacquemain Shabani a désamorcé la tension. Engagements verbaux, promesse de renforcer la sécurité, reconnaissance officielle du malaise : le geste politique a produit son effet immédiat. Le sit-in est levé, les esprits momentanément apaisés. Mais aucun plan détaillé, aucun calendrier précis, aucun mécanisme de suivi n’a encore été rendu public. Le dialogue a calmé la fièvre sans établir le traitement.
Entre l’accalmie et l’attente, l’université en sursis
L’heure est à la vigilance. Sans réformes structurelles, sans dispositifs durables de protection, la paix actuelle pourrait n’être qu’une parenthèse. La communauté universitaire attend des actes visibles, mesurables, pérennes. À défaut, la colère, contenue aujourd’hui, pourrait resurgir demain. À l’UNIKIN, le silence est revenu. Reste à savoir s’il annonce la reconstruction ou précède une nouvelle secousse.
Opinion Info / VF7, via voltefaceinfos7.com