Kinshasa. À la veille du passage d’une année à l’autre, le Palais de la Nation a fait retentir une injonction inhabituelle, presque introspective : chaque ministre doit se regarder en face. À l’issue du 72ᵉ Conseil des ministres, le Président de la République a sommé les membres du Gouvernement Suminwa II de procéder à une auto-évaluation rigoureuse de leur action en 2025. Un exercice de lucidité imposé au sommet de l’État, alors que le pays avance sur un fil tendu entre attentes sociales, exigences sécuritaires et promesses politiques.
L’exécutif sommé de rendre des comptes
Le message est clair, direct, sans fioritures : identifier les échecs, capitaliser les acquis, corriger les angles morts. Selon le compte rendu lu par le ministre de la Communication, Patrick Muyaya, le Chef de l’État attend de chaque portefeuille un bilan sincère, débarrassé de la langue de bois. Cette démarche, présentée comme personnelle et méthodique, vise à améliorer sensiblement la performance de l’action publique dès l’année à venir.
La fin d’année comme temps politique
Profitant du climat feutré des festivités, Félix Tshisekedi a appelé à la circonspection, sur le plan sécuritaire comme comportemental. La période, souvent propice aux relâchements, devient ici un moment de recentrage. Tirer les leçons du passé récent, consolider ce qui tient encore, réparer ce qui a fissuré : le temps politique se mêle au temps symbolique.
Ordre public et valeurs républicaines en ligne de mire
Au-delà des bilans ministériels, le Président a martelé l’essentiel : la protection des vies humaines, la sauvegarde des biens et le respect de l’ordre public demeurent une responsabilité collective. Une boussole républicaine brandie face aux incertitudes. Une évaluation globale de l’action gouvernementale est annoncée, comme une lame suspendue au-dessus de l’exécutif.
Dans les couloirs du pouvoir, le miroir est désormais dressé. Reste à savoir ce que chaque ministre y verra et ce que le peuple en récoltera.
Didier BOFATSHI