Quand la loi marche pieds nus sur la terre des ancêtres

La nouvelle loi foncière congolaise, promulguée le 31 décembre 2025, voulait poser des balises modernes sur un sol ancien. Mais à peine entrée en vigueur, elle a réveillé une fracture profonde : celle entre l’encre froide du droit écrit et la mémoire chaude des terres coutumières. En interpellant le président Félix Tshisekedi, les chefs coutumiers n’ont pas seulement dénoncé des failles juridiques ; ils ont rappelé que la terre n’est pas un simple objet administratif, mais un héritage vivant.

Deux droits, deux mondes

D’un côté, le droit moderne, géométrique, cadastral, pensé pour sécuriser titres et investissements. De l’autre, le droit coutumier, organique, transmis par la parole et les rites. Ici, la terre n’appartient pas : elle se garde. Cette incompatibilité n’est pas technique, elle est ontologique.

La loi qui parle, la coutume qui résiste

La menace de bloquer l’application de la loi agit comme un tambour lointain : elle rappelle que sans acceptation sociale, la norme reste muette. Les chefs coutumiers ne défient pas l’État ; ils lui opposent le réel.

Les décrets, pansements ou ponts ?

Les décrets correctifs apparaissent comme des passerelles provisoires, capables d’adoucir la rencontre entre deux rationalités. Nécessaires, oui. Suffisants, non, s’ils ne reconnaissent pas la coutume comme une source de droit pleine.

Quand la terre parle au futur

L’enjeu dépasse la loi : il concerne la paix sociale et la dignité juridique. Comme l’écrivait Étienne Le Roy, « le pluralisme juridique n’est pas un compromis, mais une reconnaissance ». La RDC joue ici une partition décisive : faire dialoguer l’État et les ancêtres sans que l’un 8n’enterre l’autre.

MCP / VF7, via voltefaceinfos7.com

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