À Luanda, les mots ont circulé comme des signaux de paix dans un ciel encore chargé. En se disant « ouvert et prêt » à s’aligner sur le cessez-le-feu défendu par João Lourenço, le président Félix Tshisekedi projette l’image d’un État disposé à l’apaisement. Mais entre l’encre des communiqués et la poudre sur le terrain, l’Est de la RDC continue de rappeler que la paix ne se décrète pas : elle se construit, lentement, difficilement.
Luanda, scène diplomatique et message codé
La rencontre du 8 janvier entre Félix Tshisekedi et João Lourenço n’est pas un simple rituel protocolaire. Elle s’inscrit dans la continuité des processus de Washington et de Doha, aujourd’hui enlisés. En affichant sa disponibilité au cessez-le-feu, Kinshasa adresse un message clair : la RDC ne ferme pas la porte à la paix. Cette posture conforte la médiation angolaise et renforce le rôle de l’Union africaine comme cadre légitime de résolution du conflit.
La paix écrite, la guerre persistante
Mais le terrain raconte une autre histoire. Malgré les accords paraphés, les combats se poursuivent avec l’AFC/M23, et les accusations de violations mutuelles se multiplient. Ce décalage nourrit le doute. La disponibilité du gouvernement apparaît diplomatiquement cohérente, mais politiquement fragile, confrontée à des acteurs armés réfractaires et à des mécanismes de mise en œuvre encore défaillants.
L’équation interne, clé silencieuse
Reste la question intérieure. Sans dialogue national inclusif pour accompagner les initiatives extérieures, la paix risque de rester suspendue hors des frontières. L’ouverture affichée à Luanda devra trouver un écho à Kinshasa, dans les institutions comme dans l’opinion. Enjeu central, transformer une volonté déclarée en résultats tangibles. À défaut, le cessez-le-feu demeurera une promesse fragile, portée par les mots, mais rattrapée par le bruit des armes.
Didier BOFATSHI