La RDC pleure un artisan de la culture, un visionnaire qui a fait de la télévision un théâtre de la pensée et du théâtre un laboratoire de l’âme. Pepitho Ngudie Kulondi, passeur infatigable entre scène et antenne, est décédé ce mercredi à Kinshasa, laissant derrière lui un héritage à la fois tangible et poétique, structuré comme les colonnes d’un temple invisible de la création.
La culture, une architecture vivante
Diplômé de l’Institut national des arts, Pepitho savait que la culture n’était pas un simple décor, mais une construction exigeante, faite de règles, de cadres et de patience. Chaque émission, chaque pièce de théâtre était un pilier posé avec rigueur, un manifeste silencieux sur la nécessité de former, de structurer et de penser l’art comme un édifice durable.
La télévision : un théâtre de la pensée
À la RTNC et sur Télé-Zaïre 2, il ne se contentait pas de présenter : il orchestrait des formats, façonnait des contenus et donnait à l’écran une respiration créative. La télévision devenait, sous sa main, un lieu de formation, un miroir où la culture pouvait se refléter dans toute sa richesse et sa complexité.
Le théâtre, laboratoire de l’âme
Entre les planches de Kisangani et les ateliers de jeunes artistes, Pepitho sculptait des esprits, forgeait des talents et transformait la scène en un lieu de discipline et de liberté. Sa parole sur les planches était à la fois un fil conducteur et un pont entre les générations.
Leadership et héritage
Vice-président national du corps des animateurs culturels et président honoraire de l’Union des journalistes culturels, il a prouvé que l’art exige aussi un bras institutionnel. La RDC perd un bâtisseur de la pensée et de la forme, un guide qui a montré que le talent, sans cadre, reste éphémère.
« La culture est un fleuve : ceux qui savent bâtir les ponts permettent à ses eaux de traverser les générations. » Pepitho Ngudie Kulondi demeure dans cette eau, immuable et nourricière, un symbole pour tous ceux qui pensent, organisent et rêvent la culture en héritage.
Didier BOFATSHI