Ouganda : le silence numérique avant le scrutin, l’ombre d’un contrôle qui tombe sur la toile

À Kampala, ce mardi 13 janvier 2026, l’air est dense, presque électrique. Mais sur les écrans, le vide. Internet s’est éteint comme une lumière qu’on aurait brusquement arrachée. Deux jours seulement avant les élections présidentielle et législatives, le pays plonge dans un silence numérique inédit, où chaque clic suspendu devient un écho de tension.

La Commission ougandaise des Communications a ordonné cette coupure dès 18h00 locales (15h00 TU), demandant aux fournisseurs d’accès de couper les flux de données « pour atténuer la propagation rapide de la désinformation, la fraude électorale et les risques connexes, ainsi que pour empêcher l’incitation à la vi8olence ». Mais dans les rues et sur les places, ce silence impose sa propre violence : celui de l’information muselée, celui des citoyens privés de mots et de sons, celui d’une société coupée de ses réseaux.

Quand le web devient terrain de guerre

L’Internet n’est pas qu’un outil ; il est aujourd’hui le pouls de la démocratie. Bloquer la connexion, c’est suspendre le battement du pays. Les messages qui circulaient, les vidéos qui documentaient, les débats qui s’animaient — tout cela s’évanouit dans une censure invisible. Pour Yoweri Museveni, président depuis quarante ans, cette mesure pourrait être vue comme une manière de sculpter le paysage médiatique avant le vote, un geste de contrôle enveloppé dans le langage de la sécurité et de la prévention.

Le paradoxe du silence

Dans ce noir numérique, chaque smartphone devient un miroir vide. Les informations se transforment en murmures. Les citoyens naviguent à tâtons dans un espace où l’ombre des rumeurs se confond avec celle de l’autorité. La toile, habituellement vivante et bavarde, devient un désert silencieux.

Une démocratie suspendue à un câble

Alors que les urnes approchent, l’Ouganda vit cette coupure comme une métaphore : un pays relié au monde par un fil fragile, et ce fil est soudainement rompu. L’écho des discours, des débats et des protestations se perd dans le néant numérique. Et dans ce vide, chacun ressent l’ampleur du contrôle, la fragilité de l’accès à l’information et la puissance d’un gouvernement capable de faire taire la voix des réseaux en un instant.

Deux jours avant le scrutin, Internet n’est plus seulement un outil. Il est devenu un champ de bataille invisible, où le silence pèse plus lourd que les mots, et où l’absence de flux traduit la peur, la stratégie et la tension d’une nation suspendue à son propre fil.

RFI / VF7, via voltefaceinfos7.com

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