
Les autorités congolaises vont déployer une mission sécuritaire d’identification des éleveurs Mbororo dans la province du Nord-Ubangi, dans le cadre du renforcement du contrôle du territoire et de la gestion des enjeux sécuritaires dans le Grand Équateur.
Une initiative sécuritaire coordonnée par le gouvernement
L’annonce a été faite par le vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, à l’issue d’une réunion tenue à Kinshasa. Cette mission s’inscrit, selon les autorités, dans la politique nationale de sécurisation des frontières et de lutte contre les déséquilibres sécuritaires dans les zones rurales. Le ministre a indiqué que cette opération vise à mieux encadrer la présence des éleveurs transhumants et à renforcer la stabilité dans la région.
Des préoccupations sécuritaires multiples
La réunion a également abordé plusieurs défis institutionnels et sécuritaires, notamment le manque d’effectifs de la Police nationale congolaise, les tensions politiques dans le Sud-Ubangi, ainsi que la porosité des frontières dans cette zone stratégique.
Selon le député national José Engbanda, les échanges ont permis d’obtenir des assurances du gouvernement sur la prise en charge progressive de ces problèmes. Il a notamment déclaré : « Le vice-Premier ministre nous a rassurés que la question des Mbororo, la porosité des frontières et le manque d’unités de la police sont actuellement examinés au niveau du gouvernement. »
Une problématique ancienne dans le Grand Équateur
Dans la région du Nord-Ubangi, la présence des éleveurs Mbororo est estimée à plusieurs milliers de personnes, selon les autorités locales. Certains cas d’exactions leur sont attribués dans plusieurs localités, alimentant des tensions récurrentes. Un responsable provincial avait déjà alerté les autorités nationales sur la situation, appelant à une intervention coordonnée pour prévenir l’aggravation des conflits locaux.
Entre sécurité et gestion humanitaire
Cette initiative soulève des enjeux complexes mêlant sécurité, mobilité transfrontalière et coexistence communautaire dans une région marquée par une forte porosité des frontières. Comme le rappelle l’anthropologue Achille Mbembe : « La frontière n’est pas seulement une ligne, mais un espace de circulation, de tension et de négociation permanente. » Une lecture qui met en lumière la nécessité d’approches équilibrées entre contrôle sécuritaire et gestion humanitaire des dynamiques pastorales dans le Nord-Ubangi.
Didier BOFATSHI / VF7, voltefaceinfos7.com