« On ne combat pas le terrorisme seul. » La phrase du général Jacques Chaligonza claque comme un verdict stratégique. Face aux exactions des Forces démocratiques alliées, l’armée congolaise reconnaît une vérité opérationnelle : la victoire ne sera ni solitaire ni exclusivement militaire.
Depuis 2014, plus de 2 600 soldats des Forces armées de la République démocratique du Congo sont tombés. Un tribut lourd, qui transforme la doctrine sécuritaire. L’heure n’est plus au « tout militaire », mais à la conjugaison des forces.
Le sang et la lucidité
L’aveu est stratégique : la pression cinétique seule ne suffit pas. Le terrorisme est hydre. Il se nourrit des fractures sociales, des failles du renseignement, des complicités transfrontalières. « La guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens », écrivait Carl von Clausewitz. Ici, la politique doit reprendre le dessus pour étouffer la violence à sa racine.
L’alliance des volontés
Au forum provincial, la diplomatie et la société civile se sont assises à la même table que les stratèges. L’ambassadrice Roxane de Bilderling a plaidé pour une synergie organique : armée sur le terrain, communautés en vigilance, partenaires en appui logistique et diplomatique. La MONUSCO, par la voix du général Givens Kishombe, a insisté sur le renseignement humain : sans information locale, pas d’anticipation. Sans anticipation, pas de neutralisation durable.
Multidimension ou impasse
Les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri sont devenues le théâtre d’un terrorisme protéiforme. Le gouverneur Evariste Kakule Somo impulse une première nationale : formuler une feuille de route intégrée. « La sécurité est la première des libertés », rappelait Raymond Aron. La RDC l’a compris : éradiquer le terrorisme exige la fusion des intelligences, la coordination des armes, l’adhésion des communautés et la constance diplomatique.
La lutte contre les ADF n’est plus seulement une bataille militaire. C’est une mobilisation nationale, presque civilisationnelle. Car, comme l’enseignait Sun Tzu, « celui qui excelle à résoudre les difficultés le fait avant qu’elles ne surgissent ». Dans l’Est du pays, la victoire ne naîtra pas d’une force isolée, mais d’une coalition déterminée à faire taire, ensemble, l’écho du terrorisme.
ACP / VF7, via voltefaceinfos7.com