À Téhéran, le deuil se mêle à la peur. À chaque funérailles succède une frappe, à chaque hommage une élimination. Dans une mécanique implacable, Israël resserre l’étau autour du sommet iranien, transformant la guerre en une chasse ciblée où le pouvoir lui-même devient une cible mouvante.
Le coup est chirurgical, mais son onde de choc est politique. Israël affirme avoir éliminé Esmaïl Khatib, ministre du Renseignement iranien, quelques heures seulement après les obsèques de Ali Larijani à Téhéran. Sous l’impulsion de Benjamin Netanyahu et de son ministre de la Défense Israel Katz, l’armée israélienne reçoit un mandat élargi : frapper sans délai tout haut responsable iranien identifié. « La guerre moderne vise moins les territoires que les centres de décision », Clausewitz.
La tête du pouvoir dans le viseur
La stratégie est claire : décapiter pour désorganiser. En ciblant les figures clés du régime, Israël ne cherche pas seulement à affaiblir militairement l’Iran, mais à fissurer sa chaîne de commandement.
Le pouvoir devient une cible, ses dirigeants des ombres traquées, contraintes de se déplacer, de se cacher, de survivre.
Le deuil en cascade
À peine enterré, déjà remplacé. La mort d’Ali Larijani, pilier sécuritaire du régime, suivie de celle d’Esmaïl Khatib, plonge Téhéran dans une spirale funèbre. Le président Massoud Pezeshkian évoque un « assassinat lâche », révélant une nation frappée au sommet, où le deuil devient quotidien. « La violence appelle la violence dans une chaîne sans fin », Hannah Arendt.
Le régime vacille, mais tient
Malgré ces pertes, la chute n’est pas imminente. Anticipant la guerre, l’Iran avait prévu des relais, des successeurs, une continuité. Le système ploie, mais ne rompt pas. Toutefois, les signaux sont clairs : commandement perturbé, moral fragilisé, forces dispersées. La guerre devient une épreuve d’endurance institutionnelle.
La traque sans horizon
Sur le terrain, la guerre change de nature. Ce n’est plus seulement un affrontement militaire, mais une traque permanente. Certains responsables iraniens, selon des évaluations, dorment désormais dans des lieux improvisés, fuyant une menace invisible et constante. « La peur est une arme plus puissante que les balles », Sun Tzu (adapté). Israël annonce déjà une intensification des frappes, promettant de nouvelles « surprises ».
Cette campagne d’éliminations ciblées redéfinit les contours de la guerre moderne : frapper vite, frapper haut, frapper les cerveaux plutôt que les frontières. Mais elle ouvre aussi un cycle incertain, où chaque coup porté appelle une riposte latente.
« Œil pour œil rendra le monde entier aveugle », Mahatma Gandhi. Et dans ce théâtre d’ombres où les dirigeants tombent les uns après les autres, une vérité s’impose, implacable : « La guerre ne décide pas qui a raison, mais qui reste », Bertrand Russell.
RFI / VF7