Dans l’Ouest de la RDC, le processus de reddition des miliciens Mobondo avance en dents de scie. Entre mains vides et exigences financières, l’armée maintient la pression, tandis que les chefs à Kinshasa tirent les ficelles d’un théâtre armé où la paix reste fragile.
Quand l’argent remplace les armes
À Kikwit, le porte-parole de l’opération Ngemba, le capitaine Anthony Mualushayi, révèle une exigence surprenante : certains groupes de miliciens réclament plus de 500 USD pour se rendre avec leurs armes. Mais l’armée ne fléchit pas : « Nous n’accepterons pas ces caprices », martèle-t-il. Dans ce bras de fer, l’argent devient métaphore d’un contrôle et d’une méfiance profonde, traduisant le manque de confiance envers l’État et ses structures de pacification.
La reddition symbolique
Le 20 décembre dernier, 850 miliciens ont été recensés à Dumi et Mbankana. Mais derrière cette apparente victoire se cache un vide tangible : aucune arme n’a été déposée à la Réserve armée de défense (RAD). La reddition, donc, reste partielle, une danse symbolique entre engagement et prudence, influencée par les consignes de leurs commanditaires à Kinshasa.
Entre pression et défi stratégique
L’armée reste déterminée à imposer la paix, tout en sensibilisant la population à l’importance du développement et de la coexistence. Mais le chemin est semé de défis : convaincre les miliciens, sécuriser les armes et rétablir la confiance. Tant que le métal des fusils ne repose pas dans les arsenaux, l’ombre des Mobondo plane encore sur l’Ouest de la RDC.
Didier BOFATSHI